Red Baron II, ou la Première Guerre Mondiale vue du ciel


Niveau d’essence, check. Pression d’huile, check. Mitrailleuse, ok. Vous vous envolez en direction de votre prochain objectif. Soudain, en passant au-dessus de la ligne de front, vous voyez les avions ennemis . . . Voici l’exemple de ce que vous allez pouvoir vivre dans Red Baron II, un simulateur de vol basé sur la Première Guerre Mondiale, bluffant de réalisme.

Si la Seconde Guerre Mondiale est sur-représentée dans le domaines du jeu vidéo, on ne peut pas en dire autant de la Première Guerre Mondiale. Pourtant, l’éditeur Sierra sortait en 1997 une simulation de vol basée sur ce conflit, et qui s’intitulait Red Baron II. Ce jeu se démarquait de la concurrence de l’époque par son coté résolument historique, dû un jeu très réaliste et un manuel s’apparentant à un livre d’histoire !!

Un maitre-étalon en matière de réalité historique

Les développeurs de Red Baron II ont fait un travail remarquable concernant la réalité historique de leur jeu.Images d’archives, menus ayant esthétique de l’époque, tout cela permet de se retrouver rapidement dans l’ambiance particulière de ce conflit. Passons sur le mode « Arcade », qui n’a que peu d’intérêt, et intéressons nous plutôt au mode « Campagne ».

En effet, dans ce mode, vous débutez comme pilote de guerre novice. Vous devez tout d’abord choisir votre grade, votre nationalité (Anglais, Allemand, Français ou Américain), puis, votre date d’entrée dans le conflit. Ces deux derniers éléments permettent d’avoir le choix de son escadron, ce dernier déterminant le secteur sur lequel vous allez voler entre les Flandres, la Marne, Verdun et l’Alsace. De là,vouas allez devoir remplir des missions diverses, comme de l’escorte aérienne, du bombardement aérien, ou bien du combat contre les escadrilles ennemies.

Là où l’éditeur tire son épingle du jeu, c’est par la réalité bluffante des modèles aériens. Le travail historique fourni sur chaque modèle d’avion, que ce soit les Fokker ou les Albatros allemands, les Nieuports ou les Spads français, est tout simplement exceptionnel. En effet, de la carlingue à l’habitacle, tout correspond jusqu’aux moindres détails aux véritables avions de la Première Guerre Mondiale.

Exemple avec le Fokker E III allemand

Exemple avec le Fokker E III allemand

De même, en mission, la réalité est là aussi maximum, puisque vous commencez chaque mission par un briefing vous en expliquant les objectifs, ainsi la tactique employée et votre position dans l’escadrille. Ensuite, vous devez réussir à décoller (ce qui n’est pas une mince affaire), puis arriver à mener votre mission à bien entre les mitrailleuses enrayées, les fuites d’huile qui peuvent faire bruler l’avion, les attaques adverses, les pannes ou les fuites d’essence, les crashs de ses compagnons d’escadrille ou vos propres crashs, pour enfin tenter de revenir et d’atterrir sans heurt. Tout cela permet de se rendre compte a quel point les pilotes de la Première Guerre Mondiale étaient fragiles dans leurs avions, et que chaque sortie aérienne était potentiellement la dernière.

Voilà ce qui risque souvent de vous arriver !!

Voilà ce qui risque souvent de vous arriver !!

De plus, divers petites scènes renforcent l’immersion. Ainsi, en cas de crash, vous pouvez mourir, mais également vous en sortir et être fait prisonnier. Dans ce cas, il peut vous arriver de voir votre pilote s’évader et rejoindre son unité après quelques mois !! Et si jamais vous avez l’idée de descendre vos camarades, faites attention, car vous passerez en conseil de guerre et risquerez la condamnation à mort ou la prison à vie !! Par contre, en cas de victoire prestigieuse, suite à la réussite d’une mission importante, ou après avoir abattu plusieurs appareils ennemis, vous pouvez recevoir une récompense, tel que la Croix de Fer (Allemagne), la Croix de Guerre (France), ou encore la Victoria Cross (Angleterre).

Un manuel de jeu ET d’histoire

La volonté des développeurs de coller au plus près de la réalité historique est à souligner, d’autant que le jeu est livré avec un manuel d’utilisation assez impressionnant !! Jugez plutôt : il fait 228 pages, dont 75 pages concernant le jeu en lui-même, ce qui laisse près de 150 pages dédié à l’Histoire.

Une partie du menu (en anglais) du manuel

Une partie du menu (en anglais) du manuel

Le manuel commence par résumer les raisons de la Première Guerre Mondiale, parlant notamment de assassinat de l’archiduc d’Autriche, puis du jeu des alliances, qui ont menés au conflit. Puis, il narre la naissance de l’aviation militaire, qui était considéré au début de la guerre comme un outil de surveillance des lignes ennemies. C’est à la suite de la Bataille de la Marne (5-12 Septembre 1914) et du rôle qu’on joué les avions de surveillance, que l’on commence à penser à armer tout d’abord les pilotes (pour un résultat des plus médiocres), avant que le célèbre aviateur Roland Garros ne mette au point en Janvier 1915, le premier avion de guerre. S’ensuit donc le récit de la Première guerre Mondiale du point de vue de l’aviation, avec ses « As », comme l’Allemand Richard Von Richthofen, le célèbre « Baron Rouge » (80 victoires), le Français Georges Guynemer (50 victoires) ou l’Anglais Edward Mannock (61 victoires), ses avancées technologiques, l’entrée des Américains dans le conflit aérien, pour finir sur un bilan de cette guerre et son impact sur l’aviation. Ces soixantes pages sont très bien écrites, et illustrées de photographies d’époque.

Exemple de photographie d'époque

Exemple de photographie d’époque

A la suite on trouve un bref historique de l’aviation, puis les différentes formations et tactiques de vol développées à l’époque, en fonction du type de mission, puis les modèles de TOUT les avions présents durant ce conflit et que l’on retrouve dans le jeu, avec un petit descriptif, pour terminer par les différentes récompenses que l’on peut gagner dans le jeu, avec là aussi un petit descriptif.

Bilan

Note : 10/10

Note : 10/10

Les Plus                                                                                       Les Moins

+ une ambiance historique très présente                  –   . . . dur à trouver et à installer sur des PC récents !!

+ réalisme des avions

+ évolution des différents fronts de guerre

+ un manuel « encyclopédique » du conflit aérien

Bien que ce jeu ai presque quinze ans, il reste encore l’une des référence en matière de simulation de vol sur la Première Guerre Mondiale. Des modèles fidèles à la réalité, des cartes de fronts évoluant au fil de la guerre, des évolutions technologiques et des nouveaux appareils qui apparaissent aux dates réelles, sans oublier un manuel extrêmement bien fait sur la guerre aérienne entre 1915 et 1918 . . . tous ces éléments font de Red Baron II  l’un des jeux les plus réalistes historiquement parlant qui soit. Un jeu à (re)découvrir !!

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Publié le 19 juillet 2011, dans Histoire Contemporaine, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. J’ai joué à Red Baron II en son temps, mais pour moi il est aujourd’hui largement supplanté par Rise of Flight pour le modèle de vol et bien évidement les graphismes (sans parler du code multijoueur…). Il est vrai cependant que l’ambiance de Red Baron II n’a peut-être pas été encore égalée…(de par son souci du détail en général et son excellente documentation). 15 ans plus tard, j’aime toujours l’histoire à cause de ce jeu !

    Sierra était un des monstres du jeu vidéo à la fin des années 1990: à l’époque il regroupaient non seulement des studios comme Valve, Blizzard Entertainment mais aussi une équipe spécialisé dans les simulations automobiles: Papyrus (elle a évoluée pour devenir iRacing)…Ce studio a d’ailleurs realisé la première (et peut-être la seule ?) simulation automobile historique: Grand Prix Legends.

  2. Sierra semble avoir beaucoup fait autour des jeux vidéos « historiques ». Cet éditeur, peu présent aujourd’hui (à ce qu’il me semble), a été très important au début du jeu vidéo dans les années 90.
    Pourquoi n’est-il plus aussi important?

    • C’est vrai qu’au début des années 90, entre Caesar, Pharaon, Empereur : L’Empire du milieu, ou Le Maître de l’Olympe : Zeus, Sierra s’était spécialisé dans le développement de city-builder ayant pour toile de fond une période historique précise, et assez bien retranscrite.

      Mais depuis son rachat par Vivendi Universal Games en 2004, le studio n’est plus qu’un nom, qui a d’ailleurs disparu en 2008.

      C’est dommage, ce studio avait été un studio précurseur en matière de jeux vidéos, et pendant 20 ans, a sorti pas mal de bons jeux.
      Et il faut aussi rappeler que c’est Sierra qui publie le célèbre Half-Life de Valve en 1998, preuve s’il en est que ce studio fût un acteur majeur du jeu vidéo avant son rachat.

      Et comme d’habitude, Vivendi Universal Games a tout gâché . . .

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