Crusader Kings II et ses DLC, ou le mariage entre histoire mediévale et wargame !!


Le Moyen-Age est une période de l’histoire complexe, marqué par de nombreux événements. La période comprise entre 1066 et 1453 en est le parfait exemple, puisque ces quatre siècles ont été secoué par les croisades, les guerres franco-anglaises, l’apparition et la disparition de certaines puissances européennes. Il y a donc là une toile de fond historique propice à une multitude de jeux vidéos. Crusader Kings II en fait partie.

Crusader Kings II est un jeu sorti en 2012 par l’éditeur Paradox Interactive, un studio spécialiste dans le wargame historique.  Il s’agit d’un jeu de type wargame, c’est-à-dire une simulation géo-politique. Il a connu à ce jour sept DLC, à savoir Sword of Islam, Legacy of Rome, Sunset Invasion, The Republic, The Old Gods et Rajas of India, développant le gameplay et la durée de jeu, puisque ce dernier peut commencer en 867, pour s’achever en 1453, soit huit siècle pour faire prospérer une dynastie.

Le jeu débute en donc en 867, et le joueur doit choisir de diriger un comté, un duché voir même un royaume, parmi une multitude de possibilités. Il devra par la suite gérer l’économie, la diplomatie, la guerre, le commerce de son territoire, dans le but de faire prospérer sa dynastie, et de la rendre de plus en plus puissante et influente à force de guerres, d’alliances via les mariages et d’intrigues au fil des générations.

L’Histoire à la carte.

Le principal point fort du jeu réside dans les différents scénarios historiques qu’il propose au départ. Ainsi, si vous décidez de débuter en 1066, vous verrez une carte de l’Europe, de l’Asie et de l’Inde indiquant les diverses forces en présence à ce moment, détaillant par la même la population, les frontières, les relations commerciales et diplomatiques, les forces armées et autres qui correspondent en tout point à la réalité historique de l’époque, et ce, pour chaque royaume disponible dans le jeu. Il en va de même pour les autres scénarios proposés, qui collent chacun au plus près à la réalité historique. Vous aurez ainsi la possibilité de vous lancer dans les guerres vikings en 867, d’incarner Guillaume « Le Batârd » et de mener la campagne d’Angleterre afin qu’il devienne « Le Conquérant », d’incarner Ghenghis Khan et de ravager l’Europe en 1220, ou de participer à la guerre de Cent Ans en 1337.

Une carte très détaillée pour un scénario historique réaliste

Une carte très détaillée pour un scénario historique réaliste

De même, les grands événements politiques, diplomatiques et militaires, tels que les razzias vikings, la création des différents ordres (les Templiers, les Croisés), les diverses croisades et djihads, ou autres sont simulés aux dates exactes, avec les conséquences historiques qui en ont résulté.

De plus, les principales dynasties européennes de l’époque sont présentes, ainsi que leurs blasons. Ainsi, dans le royaume de France, si vous débutez en 1066,  vous incarnez le jeune Philippe Ier, de la dynastie des Capétiens, pour aller jusqu’à Charles VI, de la dynastie des Valois en 1337, sauf si vous décidez de jouer le duc du Poitou, d’Aquitaine ou un autre et que vous vous souleviez pour vous emparer du trône et ainsi devenir la nouvelle dynastie dirigeante . . . Tout cela permet au jeu d’immerger au maximum le joueur dans les méandres de l’Europe médiévale, ou guerres, trahisons et alliances sont les voies pour s’imposer.

La généalogie de la dynastie Capet en 1337

La généalogie de la dynastie Capet en 1337

Enfin, les différents DLC ont permis de compléter le jeu, le rendant de plus en plus fidèle historiquement. En effet, il est possible de jouer les Musulmans (Sword of Islam), les Païens (The Old Gods) et les Juifs (Sons of Abraham), mais également de prendre la tête d’une république marchande (The Republic), ou encore de partir à la conquête du continent indien (Rajas of India).

Si on ajoute à cela la possibilité de consulter la page Wikipedia de la majorité des protagonistes (pour peu qu’il en ai une) via un lien directement implanté sur la page des portraits, on et clairement devant un jeu complet, qui essaie vraiment d’être le plus fidèle possible à l’Histoire tout en permettant au joueur de satisfaire sa curiosité. Cependant, il y a quelques bémols qui, sans être catastrophique quand au jeu en lui même, relève de l’erreur historique.

L’uchronie, conséquence logique du wargame

LE principal problème du jeu vient de sa nature même de wargame : il s’agit de l’uchronie, qui se met rapidement en place dans le jeu. En effet, pour peu que le joueur arrive à ses fins, on peut voir le royaume d’Italie renaitre de ses cendres prématurément, le royaume de France devenir musulman, ou l’Égypte tomber sous la domination du royaume du Danemark. Du coup, tous les efforts historiques et chronologiques des développeurs sont réduits à néant, et il n’est pas rare de voir une situation politique totalement différente que celle proposée par un scénario lorsque que l’on a commencé une partie plus tôt dans le temps.

Une Europe très différente de ce qu'elle était réellement en 1439

Une Europe très différente de ce qu’elle était réellement en 1439

D’autres éléments allant contre l’histoire sont présent. Ainsi, si vous prenez part à une croisade pour libérer Jérusalem, et que vous êtes celui qui à le plus contribué à la réussite de ladite croisade, vous devenez automatiquement roi de Jérusalem !! Or, le royaume franc de Jérusalem, qui dura de 1099 à 1291, n’a jamais été attribué de cette façon. Enfin, même si Crusader Kings II s’est récemment ouvert à l’Asie, avec l’apparition de l’Inde et la refonte de l’Asie Mineure, le jeu reste tout de même trop euro-centré, laissant de coté le continent africain.

Bilan

8/10

8/10

Les Plus                                                                                       Les Moins

+ réalisme historique des scénarios                                –  l’uchronie s’accentuant au fur de la partie

+ les liens Wikipedia présents                                          – quelques éléments non-historiques

+ les événements ponctuels historiques (croisades, …)

Au final, la trame historique de Crusader Kings II est excellente, les développeurs ayant réussi le tour de force de faire correspondre à la réalité quasiment toutes les caractéristiques géo-politiques, sociales, économiques, et religieuses de l’Europe à cette époque. Le principal reproche que l’on peut faire à ce jeu est inhérente à sa nature, à savoir une uchronie qui s’accentue au fur des années. Malgré tout, ce wargame repose sur une trame historique de qualité, et si vous souhaitez en apprendre plus sur le jeu politique à l’époque médiévale et si vous voulez conquérir un empire en partant d’un petit comté, alors Crusader Kings II saura vous convaincre.

 

Gaming Live de Crusader Kings II : https://jeuxvideosethistoire.wordpress.com/2014/05/15/gaming-live-crusader-kings-ii-pc/

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Publié le 8 juin 2012, dans Histoire Médiévale, et tagué , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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