Archives de Catégorie: Histoire Contemporaine

The History Channel : Civil War – Secret Mission, ou la caution historique au service du mininum


Quand on parle FPS (c’est-à-dire jeu de tir à la première personne) se passant dans un contexte de guerre, on pense tout de suite à la Seconde Guerre Mondiale, terreau inépuisable de ce genre de jeu, portés par des titres tels que Medal of Honor, Call of Duty, ou encore Battlefield 1942. Pourtant, d’autres conflits ont connu des jeux de ce type, comme la Guerre de Sécession, la guerre civile américaine qui se déroula entre 1861 et 1865, et qui opposa les troupes Confédérées (Le Sud) aux troupes de l’Union (le Nord). The History Channel : War – Secret Mission est l’un de ceux-là !!

Sans titre-1

Le jeu vidéo The History Channel : War – Secret Mission, sorti en 2008 par l’éditeur Activision sur PC, XBox360, PS2et PS3 est donc un FPS se déroulant durant la Guerre de Sécession, la fameuse guerre civile américaine, opposant les États-Unis (ou l »Union »), dirigés par Abraham Lincoln, et les onze états sudistes ayant fait sécession (« la Confédération »). L’origine de cette guerre concernait l’abolition de l’esclavage, mais également plus généralement, l’opposition entre les États du Nord, très indépendants, et les États du Sud, où les traditions européennes étaient encore très présentes. C’est pourquoi l’on attendait beaucoup de choses de ce jeu, surtout si l’on considère que la chaine History Channel a participé à ce projet pour renforcer la partie histoire du soft.

Le joueur incarnera tour à tour un soldat Sudiste ou Nordiste, dans des escarmouches ayant lieu en périphérie des grandes batailles, telles que Gettinsburg ou le siège de Vicksburg.

Un contexte historique convaincant

Le principal point positif du jeu réside dans la présentation interactive des missions. Cartes montrant les mouvements de troupes, photographie d’époque, et narrateur expliquant les forces en présence, le contexte de la bataille et son importance dans le conflit, tout cela permet au joueur d’entrer véritablement dans les différentes missions proposées, qui sont à chaque fois issus d’une bataille réelle. Il s’agit là clairement du meilleur point de ce soft.

La présentation historique des missions est très réussie

La présentation historique des missions est très réussie

Autre élément important, mais qui est aujourd’hui courant : l’habillage historique. Ainsi, les tenues des Nordistes et des Sudistes sont identique à la réalité jusque dans les boutons de manchettes. Il en va de même avec les armes, fidèles à celle de l’époque, puisque le joueur devra en charger certaines par le canon, en mettant la poudre, le plomb, puis en tassant, avant de pourvoir tirer.

les tenues et les armes, fidèles à la réalité

les tenues et les armes, fidèles à la réalité

Enfin, dernier élément historique toujours agréable : la possibilité de croiser des figures historiques ayant été pressentes sur les fronts où le joueur est envoyé. Il sera donc possible de prendre ses missions avec le général E.Lee coté Sudiste, ou avec le général U.Grant du coté du Nord. Bref, le contexte historique est plutôt convaincant, comme pour la plupart des FPS basé sur un conflit historique maintenant.

Des ajouts et des manquements dommageables

A coté de cela, le jeu est sujet à des défauts inhérents à sa nature de FPS, mais aussi, plus dérangeant, à certains choix qui s’avèrent discutables.

Premier reproche fait au jeu : la possibilité de gagner des « skills », c’est-à-dire des améliorations pour son soldat. Dommages accrus, plus de vie ou de regain de santé, bref, tout ce qui peut permettre au joueur de traverser plus facilement les niveaux se fait au détriment de la réalité. Ce fait est confirmé par le fit de pouvoir choisir un mode de difficulté parmi trois disponibles (easy, médium, hard), ce qui gère les dégâts subis par le joueur et par les ennemis. Alors, bien sûr, tout cela fait partie des éléments classiques d’un FPS, mais il est toujours dommage de voir un jeu sacrifier à la réalité pour permettre au joueur de progresser plus facilement, alors que d’autres jeux ont montré que l’on pouvait faire différemment pour coller un peu plus à la réalité (localisations des dégâts, . . .)

Un élément assez peu historique !!

Un élément assez peu historique !!

De plus, il est à regretter de voir le manque d’impact du consultant historique, à savoir la chaine History Channel. En effet, le travail de cette dernière se limite finalement aux scènes d’introduction des missions, qui si elles sont très bien faites, s’avèrent tout de même assez peu en vu du contexte historique du jeu. En effet, on aurait voulu voir plus d’éléments dans les bonus du jeu, qui se distingue par sa pauvreté, avec juste quelques photographie et de lettres d’époque, et la possibilité de revoir les briefings d’avant-missions. Toute la partie historique à lieu donc dans ces briefings, et on ne retrouve pas de documentation sur les différentes batailles auquel le joueur prend part, ni de biographie des généraux des deux camps, ou encore un historique du conflit de façon textuel . . . On est vraiment là dans le strict minimum !!

Les bonus disponibles, assez faméliques

Les bonus disponibles, assez faméliques

Ce manque d’impact n’est peut-être finalement pas si grave. En effet, la chaine History Channel est connue aux États-Unis pour les controverses dont elle est coupable, dues en grande partie à un contenu éditorial jugé « sensationnaliste » et même parfois « absurde », étant des hypothèses non fondées. L’exemple le plus frappant est l’affirmation dans un documentaire que les nazis ont utilisé des technologies extraterrestres pour tenter de conquérir le monde . . . Assez étrange de voir cela sur une chaine d’histoire !! Du coup, la question de la légitimité de la chaine comme choix de consultant historique peut se poser !!

Bilan

5/10

5/10

Les Plus                                                                           Les Moins

+ briefings de missions                                              –  les éléments non historiques du gameplay (skill, …)

+ modélisation des tenues et des armes             – le manque d’éléments documentaires

+ escarmouches basées sur batailles réelles      – la caution historique d’une chaine jugée peu sérieuse

The History Channel : War – Secret Mission est un jeu vidéo qui laisse le joueur en quête de jeux historique assez dubitatif. En effet, d’un coté il possède une réalisation historique dès plus convaincante sur le fond, (briefings précédant les missions, tenues, armes, etc . . .), mais de l’autre, il manque d’éléments supplémentaire, et revendique un partenariat avec une chaine TV controversée. Ce jeu est donc l’exemple-type du soft faisant le strict minimum, se contentant de respecter l’Histoire quand à l’habillage et le contexte, mais laissant de coté le coté « éducatif ». C’est d’autant plus flagrant avec ce jeu qu’il revendique tout de même la caution historique d’une chaine spécialisée !! Bref, un jeux qui ne restera pas dans les annales des jeux historiques !!

The Saboteur, ou la Résistance Française version Inglorious Bastards


Lorsqu’un jeu basé sur la Seconde Guerre Mondiale est édité, il y a des grandes chances pour qu’il s’agisse d’un FPS à la sauce Call of Duty, où un RTS à l’image de Compagny of Heroes, et que la trame consiste à prendre part aux grandes batailles qui ont jalonné ce conflit. Or, surprise, il existe des éditeurs qui ont compris que d’autres genres de jeux peuvent être adapté à cette période historique, et que les combats armes aux poings ne sont pas le seul challenge qui peut être proposé.

C’est le cas du jeu The Saboteur, sorti en 2009 par Pandemic Studios. En effet, il s’agit du premier GTA-like basé sur la Seconde Guerre Mondiale, et sur la Résistance Française en plus !!

Images de The Saboteur

Le joueur incarne Sean Devlin, un Irlandais qui va devenir membre de la Résistance Française via un scénario improbable que n’aurait pas renié Quentin Tarantino. Dès lors, il va devoir faire exploser des cibles définies par la Résistance, escorter d’autres Résistants, et éliminer des officiers allemands.

Le concept est particulièrement original, le joueur évoluant dans une ville de Paris, aux graphismes noirs et blancs pour les zones contrôlées par les Nazis, où seul le rouge ressort,  et aux quartiers plus colorées correspondant aux zones libérées. Si le héros peut se promener quasi-librement, comme dans tout GTA-Like, il peut également évoluer en passant par les toits à l’instar de la série Assassin’s Creed. De plus, et il faut le souligner, il s’agit d’un des rares jeux où la Résistance Française est mis en avant. Bref, un jeu qui sort des sentiers battus du genre !!

Seul problème, et de taille : le jeu ne respectent absolument pas la réalité historique !!

Cela commence avec la date de la chute de la ville de Paris. Si dans la réalité, entre le début de la guerre, en Septembre 1939, et la prise de Paris le 14 Juin 1940, il s’est écoulé 10 mois, dans le jeu, on apprend que Paris est tombé 3 mois après le début de la guerre !!

Ensuite vient la plus grosse erreur du jeu : la géo-localisation des monuments dans Paris, et la géographie immédiate de la ville. En effet, si les développeurs ont assez bien modélisés les monuments historiques de la ville (comme la Tour Eiffel, Montmartre, . . . ), ils ont décidé de tous les regrouper dans la même zone,  histoire d’avoir toujours la Tour Eiffel en visuel . . .

De même, s’il est possible de se rendre au Havre, en Lorraine où en Picardie, c’est parce que ces zones sont situées à moins de 5 minutes du centre-ville parisien !! Ainsi, sur la carte, le Havre n’est qu’à deux kilomètres de Paris . . .

Dans le même genre, il est dommage de voir que TOUT les Allemands sont considérés comme étant Nazi .  .  . Et si les tenues des S.S correspondent aux vraies tenues de l’époque, ne voir que des hommes en noirs donnent à penser que tout les Nazis du monde se sont donné rendez-vous à Paris !

Enfin, si le jeu s’appelle The Saboteur, le héros ne va pas faire dans la furtivité bien longtemps, puisque certaines missions l’obligeront à détruire une base allemande a lui tout seul, voir même à faire exploser des zeppelins !! Alors que les Résistants se devaient d’être le plus discret possible, il est dommage de voir que cette condition ne figure pas vraiment dans ce jeu.

Un esthétisme graphique qui tend vers Sin City, un scénario à la Inglorious Bastards, et un manque de respect flagrant de la réalité historique . . . Au final, The Saboteur se veut divertissant à défaut d’être réaliste. Si vous aimez les Allemands à fort accent, les sympathisantes nazies au décolleté plongeants, les explosion et les scènes de fusillade, et l’humour au second degré à la sauce Tarantino, ce jeu devrait vous plaire. Si vous recherchez plutôt un jeu historique, avec un Résistant devant lutter contre les Allemands dans une ville de Paris réaliste, alors passez votre chemin, vous risquez d’être déçu.

Battlefield 1942, ou la Seconde Guerre Mondiale à la sauce hollywoodienne


La Seconde Guerre Mondiale est l’un des terrains de jeux favori des développeurs de jeux vidéos. On ne compte plus les licences dédiées à cette période de l’histoire contemporaine. (ex: Call of Duty, Médal of Honor, . . . )

L’un de ces jeux les plus connus est Battlefield 1942, sorti en 2002 par Electronic Arts. Il s’agit d’un First Personnal Shooter, (ou FPS), c’est-à-dire un jeu de tir à la première personne.

Images de Battlefield 1942

Le joueur incarne un soldat de l’Axe ou des Alliés, en choisissant une classe parmi les cinq disponibles ( Eclaireur, Assaut, Antichar, Médecin et Sapeur), chacune ayant des spécificités bien distinctes, le but étant de capturer des points de renfort afin de battre l’équipe adverse.

Si le concept reste très classique, l’innovation de Battlefield 1942 réside dans l’utilisation de grandes batailles ayant eu lieu durant la Seconde Guerre Mondiale comme terrain de jeu. Le joueur aura donc des cartes du nom de Stalingrad, Midway, El-Alamein ou Ardennes, avec pour chaque cartes les conditions historique de chaque conflit ayant eu lieu a ces différents endroits.

Ainsi, la carte d’El-Alamein verra s’affronter Allemands et Anglais dans le désert égyptien, aux commandes de chars. Guadalcanal verra les Américains tenter de reprendre l’île aux Japonais avec l’appui de leur flotte et de leur aviation. Enfin, Stalingrad sera le théatre d’une vraie guerre de position au sein de la ville entre les Allemands et les Russes. Les détails portés à ces cartes (même si ces dernières sont de taille réduite, par obligation) sont vraiment très poussés.

De même, les véhicules proposés dans le jeu sont de fidèles reproductions des véhicules de l’époque. Il faut dire qu’il y en a pour tout les goûts, entre les Jeeps, les chars d’assaut, les avions de combat et de bombardement, et même les sous-marins et les porte-avions !! Chaque véhicule est une parfaite reproduction, et il ne sera pas compliqué de faire la différence entre un tank Sherman américain, et un tank Panzer allemand .

Restons dans le réalisme historique avec les tenues et l’armement des soldats, conformes avec celui de l’époque. Les soldats Américains peuvent donc être armés de Thompson, les Allemands de STG-44, ou les Russes des fameuses DP-28 dites  » à galette ».

Battlefield 1942 a connu deux add-on. Le premier, Campagne d’Italie, qui est, comme son nom l’indique, centré sur l’avancée des troupes américaines en Italie. Du coup, l’armée italienne fait son apparition, mais également les Forces Françaises Libres !! En effet, et il est intéressant de le souligner, il s’agit d’un des rares jeu basé sur la Seconde Guerre Mondiale où l’armée française est présente et même jouable. (A croire que les Américains ignorent que des Français se sont eux-aussi battus à l’époque …) La seconde extension, Arsenal Secret, sort un peu des sentiers battus tracé par le jeu original en dotant les joueurs de toutes les armes un peu spéciales mis au point par les deux camps durant la Seconde Guerre Mondiale. Le jeu s’écarte donc un peu de la réalité historique au profit du gameplay et du plaisir de jeu.

Au final, on peut dire que Battlefield 1942 est réaliste d’un point de vue historique, tant sur la géographie et la configuration du terrain,  que sur les véhicules et l’armement, mais que ce  souci du détail et du réalisme historique est entièrement au service du spectacle et de l’ambiance pour divertir au maximum le spectateur/joueur. Au final, Battlefield 1942 est au jeu vidéo ce que le film Il faut sauver le soldat Ryan est au cinéma, c’est-a-dire un divertissement à gros budget sur fond de Seconde Guerre Mondiale.

Victoria II, ou la période victorienne au service d’un wargame


La période victorienne, qui correspond au règne de la reine d’Angleterre Victoria entre 1837 et 1901, est marquée par la révolution industrielle, la colonisation et de nombreux conflits, que ce soit en Europe, en Amérique, ou en Asie. Il y a donc là une toile de fond historique propice à une multitude de jeux vidéos. Victoria II en fait partie.

Victoria II est un jeu sorti en 2010 par l’éditeur Paradox Interactive. il s’agit d’un jeu de type wargame, c’est-à-dire une simulation géo-politique. Le jeu commence en 1835, pour s’achever en 1935, soit un siècle à gérer toutes les aspects d’une nation.

Le jeu débute en 1835, et le joueur doit choisir de diriger une nation parmi une multitude de monarchies et de royaumes disponibles. Il devra par la suite gérer l’économie, la diplomatie, la guerre, le commerce, de la nation choisie, dans le but d’en faire la nation la plus puissante du monde.

Le contexte historique du début de jeu, soit 1835, est extrêmement fidèle à la réalité de l’époque. La population, les frontières, les relations commerciales et diplomatiques, les forces armées, tout cela correspond en tout point à la réalité historique de l’époque, et ce, pour chaque pays disponible dans le jeu. De même, les grands événements politiques, diplomatiques et militaires, tels que la Guerre de Sécession, l’unification de l’Italie, la naissance de l’Allemagne, ou la colonisation de l’Afrique sont simulés aux dates exactes, avec les conséquences historiques qui en ont résulté.

En parallèle, les découvertes scientifiques, mécaniques, médicales et autres, sont disponibles au fur et à mesure, en fonction de la date de leur découverte réelle. Vous aurez ainsi à mettre en route votre Révolution Industrielle si vous ne voulez pas être distancé par les autres nations !! Enfin, les bouleversement sociaux et idéologiques de ce siècles sont aussi présents, avec par exemple la révolution libérale européenne de 1848 qui sera source d’insurrections communistes, ou l’apparition au fur et à mesure de courants de pensées marxistes et socialistes qui voudront se faire une place sur la scène politique. Tout cela permet au jeu d’immerger au maximum le joueur dans le monde  dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

Cependant, il y a quelques bémols qui, sans être catastrophique quand au jeu en lui même, relève de l’erreur historique.

Ainsi, la colonisation de l’Afrique se fait très facilement, comme si les royaumes africains n’existaient pas. En effet, et c’est bien dommage, l’Afrique est un peu « l’enfant pauvre » de ce jeu. Des pays manquent à l’appel, et la notion de sultanat ou de monarchie tribale est absente. Du coup, l’histoire de ce continent à cette période passe essentiellement par l’histoire des pays européens, surtout après la conférence de Berlin de 1884-1885, qui marque le début de la course à la colonisation.

De plus, si la plupart des évènements de cette période se produisent en temps et en heure, il arrive cependant que certains évènements aient lieu de manière uchronique. Par exemple, voir l’unification de l’Italie terminée en 1860 au lieu de 1870 fait un peu tâche.

Au final, la trame historique de Victoria II est excellente, les développeurs ayant réussi le tour de force de faire correspondre à la réalité quasiment toutes les caractéristiques géo-politiques, sociales, économiques, et religieuses du globe à cette époque. Le principal reproche que l’on peut faire à ce jeu est une vision historique un peu trop centrée sur l’Europe, au détriment des autres continents, et une tendance à l’uchronie passé un certain temps de jeu. Donc, si vous voulez tester un wargame de qualité qui repose sur mes trames d’une période historique parfois méconnue, Victoria II saura vous convaincre.

Red Baron II, ou la Première Guerre Mondiale vue du ciel


Niveau d’essence, check. Pression d’huile, check. Mitrailleuse, ok. Vous vous envolez en direction de votre prochain objectif. Soudain, en passant au-dessus de la ligne de front, vous voyez les avions ennemis . . . Voici l’exemple de ce que vous allez pouvoir vivre dans Red Baron II, un simulateur de vol basé sur la Première Guerre Mondiale, bluffant de réalisme.

Si la Seconde Guerre Mondiale est sur-représentée dans le domaines du jeu vidéo, on ne peut pas en dire autant de la Première Guerre Mondiale. Pourtant, l’éditeur Sierra sortait en 1997 une simulation de vol basée sur ce conflit, et qui s’intitulait Red Baron II. Ce jeu se démarquait de la concurrence de l’époque par son coté résolument historique, dû un jeu très réaliste et un manuel s’apparentant à un livre d’histoire !!

Un maitre-étalon en matière de réalité historique

Les développeurs de Red Baron II ont fait un travail remarquable concernant la réalité historique de leur jeu.Images d’archives, menus ayant esthétique de l’époque, tout cela permet de se retrouver rapidement dans l’ambiance particulière de ce conflit. Passons sur le mode « Arcade », qui n’a que peu d’intérêt, et intéressons nous plutôt au mode « Campagne ».

En effet, dans ce mode, vous débutez comme pilote de guerre novice. Vous devez tout d’abord choisir votre grade, votre nationalité (Anglais, Allemand, Français ou Américain), puis, votre date d’entrée dans le conflit. Ces deux derniers éléments permettent d’avoir le choix de son escadron, ce dernier déterminant le secteur sur lequel vous allez voler entre les Flandres, la Marne, Verdun et l’Alsace. De là,vouas allez devoir remplir des missions diverses, comme de l’escorte aérienne, du bombardement aérien, ou bien du combat contre les escadrilles ennemies.

Là où l’éditeur tire son épingle du jeu, c’est par la réalité bluffante des modèles aériens. Le travail historique fourni sur chaque modèle d’avion, que ce soit les Fokker ou les Albatros allemands, les Nieuports ou les Spads français, est tout simplement exceptionnel. En effet, de la carlingue à l’habitacle, tout correspond jusqu’aux moindres détails aux véritables avions de la Première Guerre Mondiale.

Exemple avec le Fokker E III allemand

Exemple avec le Fokker E III allemand

De même, en mission, la réalité est là aussi maximum, puisque vous commencez chaque mission par un briefing vous en expliquant les objectifs, ainsi la tactique employée et votre position dans l’escadrille. Ensuite, vous devez réussir à décoller (ce qui n’est pas une mince affaire), puis arriver à mener votre mission à bien entre les mitrailleuses enrayées, les fuites d’huile qui peuvent faire bruler l’avion, les attaques adverses, les pannes ou les fuites d’essence, les crashs de ses compagnons d’escadrille ou vos propres crashs, pour enfin tenter de revenir et d’atterrir sans heurt. Tout cela permet de se rendre compte a quel point les pilotes de la Première Guerre Mondiale étaient fragiles dans leurs avions, et que chaque sortie aérienne était potentiellement la dernière.

Voilà ce qui risque souvent de vous arriver !!

Voilà ce qui risque souvent de vous arriver !!

De plus, divers petites scènes renforcent l’immersion. Ainsi, en cas de crash, vous pouvez mourir, mais également vous en sortir et être fait prisonnier. Dans ce cas, il peut vous arriver de voir votre pilote s’évader et rejoindre son unité après quelques mois !! Et si jamais vous avez l’idée de descendre vos camarades, faites attention, car vous passerez en conseil de guerre et risquerez la condamnation à mort ou la prison à vie !! Par contre, en cas de victoire prestigieuse, suite à la réussite d’une mission importante, ou après avoir abattu plusieurs appareils ennemis, vous pouvez recevoir une récompense, tel que la Croix de Fer (Allemagne), la Croix de Guerre (France), ou encore la Victoria Cross (Angleterre).

Un manuel de jeu ET d’histoire

La volonté des développeurs de coller au plus près de la réalité historique est à souligner, d’autant que le jeu est livré avec un manuel d’utilisation assez impressionnant !! Jugez plutôt : il fait 228 pages, dont 75 pages concernant le jeu en lui-même, ce qui laisse près de 150 pages dédié à l’Histoire.

Une partie du menu (en anglais) du manuel

Une partie du menu (en anglais) du manuel

Le manuel commence par résumer les raisons de la Première Guerre Mondiale, parlant notamment de assassinat de l’archiduc d’Autriche, puis du jeu des alliances, qui ont menés au conflit. Puis, il narre la naissance de l’aviation militaire, qui était considéré au début de la guerre comme un outil de surveillance des lignes ennemies. C’est à la suite de la Bataille de la Marne (5-12 Septembre 1914) et du rôle qu’on joué les avions de surveillance, que l’on commence à penser à armer tout d’abord les pilotes (pour un résultat des plus médiocres), avant que le célèbre aviateur Roland Garros ne mette au point en Janvier 1915, le premier avion de guerre. S’ensuit donc le récit de la Première guerre Mondiale du point de vue de l’aviation, avec ses « As », comme l’Allemand Richard Von Richthofen, le célèbre « Baron Rouge » (80 victoires), le Français Georges Guynemer (50 victoires) ou l’Anglais Edward Mannock (61 victoires), ses avancées technologiques, l’entrée des Américains dans le conflit aérien, pour finir sur un bilan de cette guerre et son impact sur l’aviation. Ces soixantes pages sont très bien écrites, et illustrées de photographies d’époque.

Exemple de photographie d'époque

Exemple de photographie d’époque

A la suite on trouve un bref historique de l’aviation, puis les différentes formations et tactiques de vol développées à l’époque, en fonction du type de mission, puis les modèles de TOUT les avions présents durant ce conflit et que l’on retrouve dans le jeu, avec un petit descriptif, pour terminer par les différentes récompenses que l’on peut gagner dans le jeu, avec là aussi un petit descriptif.

Bilan

Note : 10/10

Note : 10/10

Les Plus                                                                                       Les Moins

+ une ambiance historique très présente                  –   . . . dur à trouver et à installer sur des PC récents !!

+ réalisme des avions

+ évolution des différents fronts de guerre

+ un manuel « encyclopédique » du conflit aérien

Bien que ce jeu ai presque quinze ans, il reste encore l’une des référence en matière de simulation de vol sur la Première Guerre Mondiale. Des modèles fidèles à la réalité, des cartes de fronts évoluant au fil de la guerre, des évolutions technologiques et des nouveaux appareils qui apparaissent aux dates réelles, sans oublier un manuel extrêmement bien fait sur la guerre aérienne entre 1915 et 1918 . . . tous ces éléments font de Red Baron II  l’un des jeux les plus réalistes historiquement parlant qui soit. Un jeu à (re)découvrir !!