La saga God Of War, ou la mythologie grecque en mode beat-them-all


L’histoire ancienne est la période historique la plus riche en mythologies et légendes, due en grande partie à la multiplicité des civilisations durant cette période. L’une de ces mythologies les plus connues concerne la Grèce Ancienne. En effet, le polythéisme de l’époque, la frontière mince entre mythologie et réalité, et la cosmogonie fluctuante en fonction des différents auteurs antiques font de cette période historique un terreau exceptionnel pour les développeurs de jeux vidéos.

C’est donc en toute logique que Sony puise dans cette période historique pour créer l’une des sagas vidéo-ludiques les plus connues des années 2000 : la saga God Of War. Cette saga est composée exclusivement de jeux vidéos de type Beat Them All, c’est à dire des jeux ou l’on dirige un héros qui doit tuer tout les ennemis se présentant devant lui. Et qui mieux qu’un Spartiate pouvait incarner ce personnage devant détruire tout ce qui passe à portée !!

Images de God Of War

Images de God Of War

En tant que joueur, vous incarnerez donc Kratos,  ancien capitaine de l’armée spartiate, devenu l’arme d’Arès, le  dieu de la Guerre, qui décide de se rebeller contre les Dieux de l’Olympe, devenant ainsi le « fantôme de Sparte« . Le pitch de départ est clair : les développeurs n’ont pas fait dans la finesse, ni dans le respect historique !!

En effet, si les différents jeux ont comme toile de fond la Grèce Antique, on ne peut pas dire que les différentes trames des jeux respectent la réalité historique, ni même la mythologie grecque !!

Ainsi, Kratos va affronter au cours de ses différentes aventures toutes les créatures que l’on trouve dans les différents textes de l’époque : sirènes, centaures, satyres, minotaures, etc . . . Il va également combattre des créatures censées être vaincues par d’autres héros mythologiques, telles que l’Hydre d’Hercule, la Méduse de Persée ou encore le Cerbère. Pire, il va tuer d’autres héros de la mythologie grecque, comme Thésée, Icare ou Persée.  Pour le coup, on peut dire que les développeurs font fi d’une partie de la réalité mythologique pour intégrer leur anti-héros dans cette dernière. La preuve en est que Kratos sera responsable de la mort de près de la moitié du panthéon grec, dans sa quête de vengeance.

A noter que David Jaffe, l’un des développeurs de la saga, justifie la mort de la plupart des Dieux du panthéon grec de la main de Kratos comme étant la façon dont les hommes sont devenus les seuls maîtres de leur destin « : God of War explique, ou plutôt expliquera, pourquoi les Dieux grecs ont disparu« . Une façon de vouloir intégrer cette saga vidéo-ludique dans la mythologie grecque.

Comme il est maintenant d’habitude avec les productions de ce type, ont peut noter que les décors essayent de coller à l’architecture de l’époque. Le style typique de l’architecture grecque est respecté dans l’ensemble, même si on se doute bien que la version d’Athènes du jeu ne correspond en rien à la vraie ville de l’époque. Alors, oui, cela ressemble à l’image dont se fait la majorité des gens de la Grèce antique, cela fait « vieux », mais question réalité historique, on repassera !!

Vous l’aurez compris, la saga God Of War n’a clairement pas vocation à respecter une quelconque réalité historique. Les développeurs se sont juste servi de cette période riche en monstres, dieux et mythologies pour créer des beat-them-all de qualité certes, mais n’ayant plus grand chose à voir avec le sujet d’inspiration. Cette saga est au jeux vidéos ce que sont des films tels que 300, ou la version 2010 du Choc des Titans au cinéma : un divertissement se basant sur la mythologie grecque, sans respecter la réalité de cette dernière.

 

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Crusader Kings II et ses DLC, ou le mariage entre histoire mediévale et wargame !!


Le Moyen-Age est une période de l’histoire complexe, marqué par de nombreux événements. La période comprise entre 1066 et 1453 en est le parfait exemple, puisque ces quatre siècles ont été secoué par les croisades, les guerres franco-anglaises, l’apparition et la disparition de certaines puissances européennes. Il y a donc là une toile de fond historique propice à une multitude de jeux vidéos. Crusader Kings II en fait partie.

Crusader Kings II est un jeu sorti en 2012 par l’éditeur Paradox Interactive, un studio spécialiste dans le wargame historique.  Il s’agit d’un jeu de type wargame, c’est-à-dire une simulation géo-politique. Il a connu à ce jour sept DLC, à savoir Sword of Islam, Legacy of Rome, Sunset Invasion, The Republic, The Old Gods et Rajas of India, développant le gameplay et la durée de jeu, puisque ce dernier peut commencer en 867, pour s’achever en 1453, soit huit siècle pour faire prospérer une dynastie.

Le jeu débute en donc en 867, et le joueur doit choisir de diriger un comté, un duché voir même un royaume, parmi une multitude de possibilités. Il devra par la suite gérer l’économie, la diplomatie, la guerre, le commerce de son territoire, dans le but de faire prospérer sa dynastie, et de la rendre de plus en plus puissante et influente à force de guerres, d’alliances via les mariages et d’intrigues au fil des générations.

L’Histoire à la carte.

Le principal point fort du jeu réside dans les différents scénarios historiques qu’il propose au départ. Ainsi, si vous décidez de débuter en 1066, vous verrez une carte de l’Europe, de l’Asie et de l’Inde indiquant les diverses forces en présence à ce moment, détaillant par la même la population, les frontières, les relations commerciales et diplomatiques, les forces armées et autres qui correspondent en tout point à la réalité historique de l’époque, et ce, pour chaque royaume disponible dans le jeu. Il en va de même pour les autres scénarios proposés, qui collent chacun au plus près à la réalité historique. Vous aurez ainsi la possibilité de vous lancer dans les guerres vikings en 867, d’incarner Guillaume « Le Batârd » et de mener la campagne d’Angleterre afin qu’il devienne « Le Conquérant », d’incarner Ghenghis Khan et de ravager l’Europe en 1220, ou de participer à la guerre de Cent Ans en 1337.

Une carte très détaillée pour un scénario historique réaliste

Une carte très détaillée pour un scénario historique réaliste

De même, les grands événements politiques, diplomatiques et militaires, tels que les razzias vikings, la création des différents ordres (les Templiers, les Croisés), les diverses croisades et djihads, ou autres sont simulés aux dates exactes, avec les conséquences historiques qui en ont résulté.

De plus, les principales dynasties européennes de l’époque sont présentes, ainsi que leurs blasons. Ainsi, dans le royaume de France, si vous débutez en 1066,  vous incarnez le jeune Philippe Ier, de la dynastie des Capétiens, pour aller jusqu’à Charles VI, de la dynastie des Valois en 1337, sauf si vous décidez de jouer le duc du Poitou, d’Aquitaine ou un autre et que vous vous souleviez pour vous emparer du trône et ainsi devenir la nouvelle dynastie dirigeante . . . Tout cela permet au jeu d’immerger au maximum le joueur dans les méandres de l’Europe médiévale, ou guerres, trahisons et alliances sont les voies pour s’imposer.

La généalogie de la dynastie Capet en 1337

La généalogie de la dynastie Capet en 1337

Enfin, les différents DLC ont permis de compléter le jeu, le rendant de plus en plus fidèle historiquement. En effet, il est possible de jouer les Musulmans (Sword of Islam), les Païens (The Old Gods) et les Juifs (Sons of Abraham), mais également de prendre la tête d’une république marchande (The Republic), ou encore de partir à la conquête du continent indien (Rajas of India).

Si on ajoute à cela la possibilité de consulter la page Wikipedia de la majorité des protagonistes (pour peu qu’il en ai une) via un lien directement implanté sur la page des portraits, on et clairement devant un jeu complet, qui essaie vraiment d’être le plus fidèle possible à l’Histoire tout en permettant au joueur de satisfaire sa curiosité. Cependant, il y a quelques bémols qui, sans être catastrophique quand au jeu en lui même, relève de l’erreur historique.

L’uchronie, conséquence logique du wargame

LE principal problème du jeu vient de sa nature même de wargame : il s’agit de l’uchronie, qui se met rapidement en place dans le jeu. En effet, pour peu que le joueur arrive à ses fins, on peut voir le royaume d’Italie renaitre de ses cendres prématurément, le royaume de France devenir musulman, ou l’Égypte tomber sous la domination du royaume du Danemark. Du coup, tous les efforts historiques et chronologiques des développeurs sont réduits à néant, et il n’est pas rare de voir une situation politique totalement différente que celle proposée par un scénario lorsque que l’on a commencé une partie plus tôt dans le temps.

Une Europe très différente de ce qu'elle était réellement en 1439

Une Europe très différente de ce qu’elle était réellement en 1439

D’autres éléments allant contre l’histoire sont présent. Ainsi, si vous prenez part à une croisade pour libérer Jérusalem, et que vous êtes celui qui à le plus contribué à la réussite de ladite croisade, vous devenez automatiquement roi de Jérusalem !! Or, le royaume franc de Jérusalem, qui dura de 1099 à 1291, n’a jamais été attribué de cette façon. Enfin, même si Crusader Kings II s’est récemment ouvert à l’Asie, avec l’apparition de l’Inde et la refonte de l’Asie Mineure, le jeu reste tout de même trop euro-centré, laissant de coté le continent africain.

Bilan

8/10

8/10

Les Plus                                                                                       Les Moins

+ réalisme historique des scénarios                                –  l’uchronie s’accentuant au fur de la partie

+ les liens Wikipedia présents                                          – quelques éléments non-historiques

+ les événements ponctuels historiques (croisades, …)

Au final, la trame historique de Crusader Kings II est excellente, les développeurs ayant réussi le tour de force de faire correspondre à la réalité quasiment toutes les caractéristiques géo-politiques, sociales, économiques, et religieuses de l’Europe à cette époque. Le principal reproche que l’on peut faire à ce jeu est inhérente à sa nature, à savoir une uchronie qui s’accentue au fur des années. Malgré tout, ce wargame repose sur une trame historique de qualité, et si vous souhaitez en apprendre plus sur le jeu politique à l’époque médiévale et si vous voulez conquérir un empire en partant d’un petit comté, alors Crusader Kings II saura vous convaincre.

 

Gaming Live de Crusader Kings II : https://jeuxvideosethistoire.wordpress.com/2014/05/15/gaming-live-crusader-kings-ii-pc/

Jeanne d’Arc, où l’histoire de France made in Japan !!


Au Japon, si il y a bien un pays que l’on aime, c’est la France !! Que ce soit la culture, l’architecture, ou l’histoire, les Japonais raffolent de ce qui est français. Il est donc logique de les voir s’intéresser à l’histoire de France, mais à leur façon !! Ainsi, Napoléon a été revisité par le mangaka Tetsuo Hara, qui est le créateur du manga Ken le Survivant, et la Révolution française s’est vue être mise en dessin par la mangaka Riyoko Ikeda sous le nom de  La Rose de Versailles, qui est ensuite devenu le dessin animé Lady Oscar.

Ici, le développeur Level-5, connu entre autre pour ses jeux Professeur Layton a décidé de créer un jeu vidéo sur l’histoire de France et de Jeanne d’Arc, intitulé sobrement Jeanne d’Arc, sorti en 2006 au Japon et en 2007 en France.

Dans ce tactical-RPG, sorti en 2007 au Japon, la Guerre de Cent Ans et histoire de Jeanne d’Arc ne sert que de trame de fond au jeu.

Le jeu mêle réalité et heroïc-fantasy, et ce, sur plusieurs points.

Commençons par l’histoire. En effet, si l’on suit les aventures de Jeanne, le contexte est légèrement . . . différent. Si la Guerre de Cent Ans a lieu, c’est parce qu’une entité maléfique a pris possession du corps du jeune roi anglais Henri VI, aidé par l’oncle de ce dernier, le Duc de Bedford. Dès lors, les armées anglaises envahissent la France, brulant le village de l’héroïne, Domrémy. Jeanne décide donc de se venger en chassant les Anglais hors de France. Une version de l’histoire teintée d’heroïc fantasy donc !!

L’héroïne, Jeanne, aura donc pour mission pendant une grande partie du jeu de bouter les Anglais hors de France. Le joueur fera donc le siège d’Orléans, participera au sacre de Charles VII à Reims, ainsi que l’attaque ratée sur Paris, mais  se retrouvera également a visiter la ville des Nains et celle des Elfes, des temples perdus, et autre lieux étranges. C’est pourquoi la worldmap est dotée de lieu réels ( Clairoix, Orléans, Chinon) et de lieux imaginaires. Autre erreur, cette fois-ci géographique : certains lieux réels sont mal placées (Rouen se retrouve au Nord de Paris) et des lieux fictifs également (la Tour d’Alsace se trouve . . . au Sud-Ouest de la capitale !!).

Les compagnons de Jeanne sont également un mélange de personnages réel et de personnages inventés. L’héroïne est entourée de Gilles de Rais, d’Etienne de Vignolles (dit « La Hire ») mais aussi de personnages fictifs avec des noms à consonances bien françaises tels que Jean, Marcel, Roger, ou Robert.

Mais les personnages réels bénéficient d’un traitement très « japonais » !!

Ainsi, Gille de Rais devient un noble au character design très Occidental, alors que La Hire devient carrément un homme-lion !!

Et c’est là que vient le gros du problème : en mêlant histoire et heroïc fantasy, on se retrouve avec des personnages qui ne collent pas du tout avec le Moyen Age. Ainsi, si les troupes anglaises comportent soldats, lanciers, et archers, il y a aussi des sorciers, des prêtres, mais également des Orcs, des Géants, des Elfes Noirs, des Dragons, . . .

Voici le genre d’ennemi que l’on peut rencontrer

De même, Jeanne a pour compagnons une Elfe, un Homme-Panthère, et même une grenouille sachant manier l’épée !! . . . Bref, on retrouve tout le bestiaire de l’heroïc fantasy classique. De plus, les héros et Jeanne possèdent des bracelets magique, leurs permettant de se transformer en super-soldats, avec des armures très kitsh (rose, noire, bleu turquoise),  se qui accentue le coté japonais du soft. Et bien sur, il ne faut pas oublier la possibilité d’utiliser la magie, et autres coups spéciaux, propre à tout tactical-RPG.

Attention, spoiler !!

Enfin, l’histoire en elle-même s’éloigne au fur et à mesure de l’histoire réelle. En effet, au début, Jeanne attaque Orléans, est blessée, puis participe au sacre de Charle VII à Reims. Mais à la suite d’une bataille, elle tombe dans un ravin, et l’une de ses compagnons, Liane, prend sa place. C’est elle qui sera capturée, puis brulée à Rouen. Jeanne réapparait ensuite, et combattra non plus les Anglais, mes les forces du mal, représenté par Henri VI et ses démons. Le combat final aura lieu dans la dimension infernal contre cet entité.

 

Tout cela fait de Jeanne d’Arc un jeu très particulier. L’histoire de la Guerre de Cent Ans et de Jeanne d’Arc ne sont qu’un prétexte, le studio Level-5 prenant énormément de liberté historique. Au fur et à mesure du jeu, on s’éloigne du contexte historique, puisqu’à partir de la moitié du jeu, il n’est plus question d’une guerre franco-anglaise, mais plutôt d’une guerre entre le Bien et le Mal. On peut regretter que le studio japonais n’est pas cherché à approfondir le coté historique, car plusieurs détails montrent qu’il maitrisaient bien le sujet (le fait que Jeanne fut capable de reconnaître Charles VII, vêtu simplement au milieu de ses courtisans, . . .). Le coté heroïc fantasy prend de plus en plus de place au détriment de la vérité historique, et le jeu perd de son identité, car même si l’héroïne est toujours Jeanne, le contexte est totalement différent. Au final, Jeanne d’Arc est très bon Tactical-RPG, qui respecte parfaitement les codes du genre, mais il aurait pu s’appeler autrement, tant la réalité historique est peu respectée.

 

 

Stronghold, où la gestion d’un domaine seigneurial à portée de tous.


Dans le monde du jeu vidéo, les jeux de stratégie sont ceux qui utilise le plus l’histoire, et ce, sur toutes les périodes possibles. Entre l’histoire ancienne, l’histoire médiévale, l’histoire moderne et l’histoire contemporaine, il faut dire qu’il y a le choix !!

L’éditeur Take Two a décidé de piocher dans l’histoire médiévale, et plus précisément au début du XIIe siècle, pour son  jeu de stratégie en temps réel, Stronghold, sorti en 1991. Ce dernier est donc un jeu construit sur deux axes, en premier la gestion d’un château médiéval, et le second, la guerre.

Images de Stronghold

Dans le domaine de la gestion, Take Two a tout fait pour respecter au maximum les conditions de l’époque, et gérer au mieux divers événements. Ainsi, lorsque vous développez votre château, vous devez prendre en compte plusieurs facteurs, afin de s’assurer que la population qui est sur vos terres se sentent le mieux possible. Cela passe par la religion, l’alimentation, mais aussi l’alcool . . . Bref, tout ce qui faut pour éviter qu’ils ne se rebellent contre vous car, il faut dire que la partie économie vous fait gérer les taxes et autres impôts, et qu’une imposition trop forte peut ne pas être appréciée par tous . . . A l’inverse, vous pouvez décider de régner par la terreur, en construisant moults engins de tortures, de quoi convaincre vos sujets de ne pas vous contrarier !!

Bref, vous pouvez choisir d’être un Arthur ou un Léodagant, au choix !! ^^

De même, la partie consacrée à la guerre respecte elle-aussi les codes de l’époque. Ces batailles concernent en général l’assaut ou la défense d’une forteresse. A vous d’attaquer ou de défendre une citadelle à l’aide d’archers, de béliers, de balistes, de douves voir même d’huile bouillante !! Anecdote amusante mais historique, on peut même envoyer du bétail malade avec les catapultes afin de contaminer les gens défendant les châteaux !!

Enfin, plusieurs événements imprévus viendront rythmer la partie, toujours en adéquation avec la période médiévale. Vous aurez ainsi à gérer des incendies, des épidémies diverses, l’attaque de loups ou de brigands, bref, toutes les joies découlant du Moyen-Age !!

A coté du mode Campagne, le mode Siège propose des combats de sièges « historiques », autour de 9 châteaux forts types du Moyen-Age, tels que celui de Leeds, Windsor, ou encore Heidelberg.

Tout cela démontre la volonté de Take Two de coller au plus près de la réalité historique, afin de retranscrire au maximum les conditions de vie et de gestion du Moyen Age.

Seul écart historique, les personnages que l’on rencontrent dans le jeu. En effet, point de personnages historiques, tels que Louis VI Le Gros, ou Louis VII, de duc de Normandie ou de Comte du Poitou. Ici, que des personnages fictifs, qui se nomme le Duc de Beauregard, le Duc de Volpe ou le Lord Manikin. A chaque personnage est lié un trait de caractère exagéré au possible (le lâche, le cruel, le violent, . . .). Bien que cela n’est que très peu d’importance au niveau du jeu, l’absence de personnages réels est dommage car cela aurait encore plus ancré le jeu dans la réalité historique.

Au final, Stronghold est un très bon jeu de gestion sur le plan historique, puisqu’il respecte au maximum toutes les caractéristiques inhérentes au Moyen Age, tant sur le plan de la gestion d’un domaine seigneurial que dans la mise en place d’une attaque ou d’une défense de place fortes. Si vous cherchez un jeu qui vous mette dans la peau d’un seigneur du Moyen Age, en respectant la réalité historique, n’hésitez pas, Stronghold est fait pour vous !!

The Saboteur, ou la Résistance Française version Inglorious Bastards


Lorsqu’un jeu basé sur la Seconde Guerre Mondiale est édité, il y a des grandes chances pour qu’il s’agisse d’un FPS à la sauce Call of Duty, où un RTS à l’image de Compagny of Heroes, et que la trame consiste à prendre part aux grandes batailles qui ont jalonné ce conflit. Or, surprise, il existe des éditeurs qui ont compris que d’autres genres de jeux peuvent être adapté à cette période historique, et que les combats armes aux poings ne sont pas le seul challenge qui peut être proposé.

C’est le cas du jeu The Saboteur, sorti en 2009 par Pandemic Studios. En effet, il s’agit du premier GTA-like basé sur la Seconde Guerre Mondiale, et sur la Résistance Française en plus !!

Images de The Saboteur

Le joueur incarne Sean Devlin, un Irlandais qui va devenir membre de la Résistance Française via un scénario improbable que n’aurait pas renié Quentin Tarantino. Dès lors, il va devoir faire exploser des cibles définies par la Résistance, escorter d’autres Résistants, et éliminer des officiers allemands.

Le concept est particulièrement original, le joueur évoluant dans une ville de Paris, aux graphismes noirs et blancs pour les zones contrôlées par les Nazis, où seul le rouge ressort,  et aux quartiers plus colorées correspondant aux zones libérées. Si le héros peut se promener quasi-librement, comme dans tout GTA-Like, il peut également évoluer en passant par les toits à l’instar de la série Assassin’s Creed. De plus, et il faut le souligner, il s’agit d’un des rares jeux où la Résistance Française est mis en avant. Bref, un jeu qui sort des sentiers battus du genre !!

Seul problème, et de taille : le jeu ne respectent absolument pas la réalité historique !!

Cela commence avec la date de la chute de la ville de Paris. Si dans la réalité, entre le début de la guerre, en Septembre 1939, et la prise de Paris le 14 Juin 1940, il s’est écoulé 10 mois, dans le jeu, on apprend que Paris est tombé 3 mois après le début de la guerre !!

Ensuite vient la plus grosse erreur du jeu : la géo-localisation des monuments dans Paris, et la géographie immédiate de la ville. En effet, si les développeurs ont assez bien modélisés les monuments historiques de la ville (comme la Tour Eiffel, Montmartre, . . . ), ils ont décidé de tous les regrouper dans la même zone,  histoire d’avoir toujours la Tour Eiffel en visuel . . .

De même, s’il est possible de se rendre au Havre, en Lorraine où en Picardie, c’est parce que ces zones sont situées à moins de 5 minutes du centre-ville parisien !! Ainsi, sur la carte, le Havre n’est qu’à deux kilomètres de Paris . . .

Dans le même genre, il est dommage de voir que TOUT les Allemands sont considérés comme étant Nazi .  .  . Et si les tenues des S.S correspondent aux vraies tenues de l’époque, ne voir que des hommes en noirs donnent à penser que tout les Nazis du monde se sont donné rendez-vous à Paris !

Enfin, si le jeu s’appelle The Saboteur, le héros ne va pas faire dans la furtivité bien longtemps, puisque certaines missions l’obligeront à détruire une base allemande a lui tout seul, voir même à faire exploser des zeppelins !! Alors que les Résistants se devaient d’être le plus discret possible, il est dommage de voir que cette condition ne figure pas vraiment dans ce jeu.

Un esthétisme graphique qui tend vers Sin City, un scénario à la Inglorious Bastards, et un manque de respect flagrant de la réalité historique . . . Au final, The Saboteur se veut divertissant à défaut d’être réaliste. Si vous aimez les Allemands à fort accent, les sympathisantes nazies au décolleté plongeants, les explosion et les scènes de fusillade, et l’humour au second degré à la sauce Tarantino, ce jeu devrait vous plaire. Si vous recherchez plutôt un jeu historique, avec un Résistant devant lutter contre les Allemands dans une ville de Paris réaliste, alors passez votre chemin, vous risquez d’être déçu.

la saga Dynasty Warriors, ou l’histoire des Trois Royaumes version light


Si l’histoire européenne est l’axe d’enseignement de l’histoire de nos jours, l’histoire asiatique, et en particulier celle de la Chine, est souvent laissée de coté. Et pourtant, celle-ci se révèle d’une richesse exceptionnelle, avec des dynasties qui se créent, qui se développent, et qui disparaissent régulièrement tout au cours de son histoire.

Une période de cette histoire de Chine est d’ailleurs décrite dans un roman historique chinois célèbre, l’Histoire des Trois Royaumes. Cet ouvrage (qui date du XIVe siècle, d’après une autre œuvre datée du IIIe siècle) retrace les évènements survenus entre 220 et 265 ap J.C, et la lutte de pouvoir entre les royaumes de Wei, de Shu, et de Wu pour devenir la puissance dominante en Chine.

C’est en se basant sur cette période riche en péripéties, intrigues et batailles que l’éditeur japonais Koei créa en 1997 l’une des franchises les plus connues au monde, la saga Dynasty Warriors.

Images de différents épisodes de Dynasty Warriors

En effet, cette saga, qui compte déjà 15 ans et 7 épisodes (sans compter les spins-off, ou cross-over, car sinon, on atteint le nombre de 26 jeux !!) a gardé le même schéma sur tout ces épisodes, le classique beat them all, c’est-à-dire d’un jeu où le joueur doit éliminer tous les adversaires qu’il croisera sur sa route. Basique, mais efficace !!

Dans le cas de Dynasty Warrior, toutes ces batailles ont donc pour contexte la période des Trois Royaumes. Mais peut-on allier jeu défouloir et réalité historique ??

Tout au long de la saga, Koei va faire en sorte que l’histoire évolue au rythme de la réalité historique, puisque le premier épisode débute en même temps que le roman, et que le dernier épisode se base sur les évènements qui amène à la réunification des Trois Royaumes. On peut noter donc la volonté de l’éditeur de suivre la trame historique, en changeant de période à chaque nouveau volet.

Il faut également noté que chaque niveau dans lequel le joueur évolue est la reconstitution d’une bataille de l’époque, tel que la bataille de la Falaise rouge (208 ap J.C) qui marquera les esprits par le nombre de soldats impliqués (env 600.000 pour les deux camps). Seulement, si le contexte historique de la bataille est en général le bon, voir un seul soldat, en l’occurrence le joueur, renverser les cours des choses à lui tout seul rend caduc toutes notions de réalité historique.

Il en va de même avec les personnages que le joueur peut incarner. En effet, ils s’agit à chaque fois de personnages historiques, tels que le célèbre stratège Cuo Cuo, le général Lü Bu, ou encore le général Zhao Yun, qui sont tous de grandes figures historiques de l’histoire des Trois Royaumes. Il faut dire qu’il y a beaucoup de personnages dans ces jeux : pas moins de 60 sont disponibles dans la dernière version !! Mais là aussi, la réalité historique est mis à mal. Tout d’abord, les personnages ne ressemblent pas vraiment aux originaux : les tenues portés sont stylisées au possible, rendant la base historique surchargée par des détails visuels à pur vocation esthétique. Les visages ont un coté manga assez prononcé.  Enfin, les personnages féminins sont jouables sur les champs de bataille alors qu’à l’époque, il était impossible à une femme de prendre les armes !!

De plus, la mort de certains protagonistes de jeu ne collent pas à la réalité. Ainsi, alors que certains sont morts de vieillesse ou en étant exécuté, on les vois mourir avant ou après la date réelle, et toujours de façon héroïque !! Si le coté dramatique est du coup boosté, la réalité historique en prend de nouveau un coup . . .

Au final, la saga Dynasty Warrior est le modèle d’une certaines catégories de jeux vidéos se servant d’éléments historique : la trame historique sert juste de fil directeur, les développeurs se permettant une grande liberté sur la réalité historique, afin de pouvoir scénariser au maximum leur jeux. Du coup, l’histoire des Trois Royaumes, si elle reste la pierre angulaire de la saga, se voit être ré-écrite par Koei selon les besoins pour les différentes versions.

On ne peut donc pas parler ici de réalité historique, ni même de fiction historique, mais plutôt d’ histoire « pop-corn« , c’est-à-dire que l’on garde se qui fait le spectacle (les batailles), on garde les personnages charismatiques, et on vire un peu tout le reste !! Heureusement, Koei intègre une vaste encyclopédie sur l’histoire des Trois Royaumes dans ses jeux, comme pour se faire pardonner de l’avoir tellement modifiée.

Vous l’aurez compris, si vous cherchez à connaitre cette période historique, jetez vous sur le roman lHistoire des Trois Royaumes, mais ne comptez sur Dynasty Warrior que pour vous défouler un coup !!

Versailles : Complot à la cour du Roi-Soleil, ou le jeu vidéo ludo-culturel


Le XVIIe siècle en France fût marqué par un homme : Louis XIV, le Roi-Soleil. Ce dernier a régné durant 72 ans sur le royaume de France, et fit construire l’un des plus beaux palais d’Europe, le château de Versailles, d’où il dirigea son royaume à partir de 1682, en y emmenant sa cour, afin de contrôler la noblesse. Cette période, pleine de complots et de manigances de palais, est donc propice à un jeu vidéo historique.

Versailles : Complot à la cour du Roi-Soleil est sorti en 1997 sur PC et Playstation. Il a été édité par Cryo Interactive, en partenariat avec la Réunion des musées nationaux, qui est en charge du château de Versailles, le but étant de réaliser un jeu d’aventure historique dans le château reconstitué en 3D tel qu’il était en 1685. Il s’agit d’un point and click, c’est-à-dire jeux d’aventure ou le joueur doit bouger son curseur de souris sur un décor fixe et de cliquer pour interagir avec les objets ou les personnes.

Un jeu quasi-parfait . . .

Le travail en collaboration entre l’éditeur et établissement culturel public relève du domaine de l’excellence, ce qui se traduit par un jeu bluffant de réalisme, transportant le joueur directement en 1685 au château de Versailles.

En effet, les décors sont exceptionnels pour l’époque, d’un réalisme historique parfait. Pour accéder à ce niveau de perfection, les développeurs se sont servi de gravure d’époque et de photographies, afin de reconstruire visuellement toutes les pièces et leur agencement comme cela était à l’époque. Il en découle une réalisation quasi-photographique des lieux, donnant au joueur le sentiment d’être réellement à Versailles au temps de Louis XIV. De plus, chaque pièce est agrémentée d’un petit descriptif sur son utilité, ainsi que de sa situation géographique sur un plan du palais. Il faut savoir que le contrôle de la réalité historique mené par la Réunion des musées nationaux a été sans faille, puisque cette dernière a veillé à ce que tout les éléments du jeu soient une parfaite réplique de la réalité, allant jusqu’à vérifier le placement des meubles dans les pièces selon les inventaires historiques, ou à demander au Musée des tissus de Lyon ses archives pour vérifier les différents tissus ornementaux !!

La galerie des Glaces comme si vous y étiez !!

De même, chaque personnage historique du jeu à bénéficié d’un travail de modélisation à partir de tableaux d’époque, rendant ainsi les visages des habitants du château d’un réalisme des plus conviancant. Il est ainsi facile au joueur de reconnaitre (quand il sait à quoi ils ressemblent) des personnages tels que Jean Racine, la Marquise de Montespan, ou encore Molière quand ils les croisent au détour d’un couloir.

Exemple avec Jean Racine, dans le jeu (à g.) et en peinture (à d.)

Exemple avec Jean Racine, dans le jeu (à g.) et en peinture (à d.)

La aussi, chaque personnage historique à droit à sa fiche de renseignements des plus complètes. De plus, les dialogues entre les personnages présents relèvent de la source historique, puisqu’ils parlent entre d’eux des problèmes d’époque, comme les privilèges, les rivalités, le protestantisme , les guerres passées où qui risquent d’arriver . . . Tout cela permets au joueur d’être réellement plongé dans le monde de la cour royale.

A noter que la construction du scénario du jeu respecte lui-aussi les codes historiques, puisqu’il se déroule sur le modèle d’une journée protocolaire du roi, chaque partie correspondant à un moment précis de cette journée (le petit lever, la messe, la promenade, le souper, . . . ) De même, la bande-son n’est pas en reste, puisqu’elle est exclusivement composée de musique baroque, issue du répertoire de Jean-Baptiste Lully et de François Couperin, deux musiciens appartenant à la cour de Louis XIV. Tous ces éléments, que ce soit visuels ou sonores, permettent au joueur une immersion totale dans ce château de Versailles.

Le menu de l'espace documentaire

Le menu de l’espace documentaire

Et si jamais vous vous posez des questions sur un élément précis de cette période, il vous suffit de vous diriger dans l’espace documentaire du jeu, qui vous permettra de retrouver les divers fiches disponibles dans le jeu, mais également plein d’autres fiches sur différents points de cette période. Cet espace est bien construit, puisqu’il est divisé en six grandes parties, avec une chronologie historique allant de la naissance de Louis XIV (1638) à sa mort (1715), mais également différents dossiers explicatifs sur la vie à la cour, la construction du château de Versailles, la protection des artistes, . . .

Exemple de dossier disponible

Exemple de dossier disponible

On est là devant une réalisation exemplaire, un modèle du genre, qui relève presque de la perfection !!

. . . si l’on excepte le scénario

Il fallait bien un défaut à ce jeu jusque là parfait : il réside dans son scénario. En effet, le joueur incarne un personnage fictif, nommé Lalande, et qui est garde royal. C’est à ce dernier que va demander Alexandre Bontemps, premier valet de chambre de Louis XIV, de déjouer un complot qui mènera à la destruction de Versailles et à la mort du roi. Pour cela, le garde a vingt-quatre heure, après cela, il sera trop tard. Un scénario digne de « 24 heure Chrono« , mais qui n’est en rien historique, ce qui est bien dommage !!

Mais il s’agit là du seul défaut du jeu, qui pour le reste est un exemple parfait de ce que peut être un jeu vidéo vraiment fidèle à l’Histoire.

Bilan

 

9/10

9/10

Les Plus                                                                           Les Moins

+ photo-réalisme des décors                                             –  le scénario totalement fictif

+ modélisation des personnages historiques

+ musique des compositeurs de la Cour

+ un espace documentaire de très bonne qualité

Versailles : Complot à la cour du Roi-Soleil est un jeu vidéo atypique. En effet, il possède une réalisation historique sans faille sur le fond, (musique, décor, etc . . .), alliée à un espace documentaire très bien fait et très complet. Ce jeu est donc un modèle du genre, entaché par un petit point noir : son scénario. Ceal reste tout de même un excellent jeu historique, ce qui c’est d’ailleurs traduit par de bonnes ventes, et une exportation mondiale, puisqu’il fût traduit en une vingtaine de langues, dont le mandarin !! Ce jeu est donc conseillé si vous cherchez un bon Point & Click qui allie plaisir du jeu et plaisir d’apprendre.

 

Gaming Live de Versailles, complot à la cour du roi Soleil : https://jeuxvideosethistoire.wordpress.com/2014/05/20/gaming-live-versailles-complot-a-la-cour-du-roi-soleil-pcps1/

Assassin’s Creed, ou quand l’histoire réelle et la fiction se confondent


Quand le Moyen-Age sert de trame de fond historique pour des jeux vidéos, le choix le plus souvent proposé par les éditeurs est le jeu de stratégie en temps réel, comme Age of Empires II ou Knights of Honor. Pourtant,  Le Moyen-Age ne se résume pas à assiéger des forteresses, attaquer des pays voisins et autres joyeusetés guerrières. En effet, pourquoi ne pas profiter d’une croisade pour prendre le temps de visiter Jérusalem, de se balader sur les toits de Damas, et accessoirement, trancher quelques gorges ?? C’est ce qui nous est proposé dans Assassin’s Creed, un jeu d’action-aventure, agrémenté de phases d’infiltration, où le scénario mélange éléments historiques et fictifs.

Images d’Assassin’s Creed

Assassin’s Creed, sorti en 2007 par l’éditeur Ubisoft, se démarque ainsi de la concurrence par le fait qu’il s’agit tout d’abord d’, mais également, et c’est le point qui nous intéresse, que la majeure partie de l’action se passe en Terre Sainte durant la troisième croisade au XIIe siècle. Le joueur incarne durant les phases en Palestine un assassin du nom d’Altaïr, membre de la confrérie des Assassins, qui pour réparer une erreur qu’il a commise, aura pour charge d’assassiner 9 personnes.

Tout d’abord, il faut noter le travail remarquable fourni par le studio de Montréal d’Ubisoft en ce qui concerne la réalisation de Damas, Jérusalem, ou Saint-Jean-d’Acre, les trois villes disponibles dans le jeu et où le joueur devra se rendre. Il faut dire que le studio a fait appel à deux historiens afin que l’architecture des villes ainsi que le style des bâtiments présents dans le jeu collent au plus près à ce qu’étaient les villes de Terre Sainte au XIIe siècle, obtenant ainsi un résultat très proche de la réalité.

De même, le joueur aura occasion de croiser quelques personnages historiques, comme le Roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion, qui est à la tête des armées anglaises, ou Robert IV de Sablé, le onzième maître de l’Ordre du Temple, également présent lors de la troisième croisade.

C’est là que commence les petits arrangements historiques fait par Ubisoft pour son scénario.

En effet, (attention, spoil !!) dans Assasin’s Creed, le héros Altaïr apprend au début que les Templiers ourdissent un complot visant la conquête du monde, et a donc pour but d’éliminer 9 Templiers présent en Terre Sainte. Première incohérence du jeu, car si les Templiers sont effectivement bien présent en Palestine à l’époque, leur but est avant tout l’accompagnement et à la protection des pèlerins  pour Jérusalem. On est loin d’une conspiration mondiale de leur part !!

De plus la présence d’une confrérie d’assassin, auquel fait partie Altaïr, à l’époque en Terre Sainte n’est qu’imaginaire, le jeu faisant référence ici aux Hashashins, communauté mystique créée au XIIe siècle, que l’on croit trop souvent à tort qu’elle était une confrérie d’assassins, à cause des récits qu’en a fait Marco Polo.

Toutes ces « modifications » de l’histoire ont bien sûr pour but de créer un scénario captivant, qui plonge le joueur dans les intrigues et les rebondissements, mais du  coup, le jeu gagne en ambiance et en suspense ce qu’il perd en réalité historique. Et on arrive toujours à l’éternelle question,  à savoir faut-il privilégier le scénario ou la vérité historique ??

Assassin’s Creed utilise l’histoire comme une pièces à deux faces : coté pile, les décors, les lieux, tout le visuel respecte de façon très prononcé la réalité historique. Coté face, le scénario est imbriqué dans la réalité, dans le but d’en augmenter la crédibilité, au détriment de l’histoire réelle. On peut faire un parallèle entre Assassin’s Creed et le Da Vinci Code de Dan Brown : en entretenant la confusion entre le réel et le fictif, on peut faire croire des choses erronées aux public. Il n’y a qu’à voir le nombre de sites et de forums qui analysent les faits et les mystères d’Assassin’s Creed comme étant réels pour s’en rendre compte.

Battlefield 1942, ou la Seconde Guerre Mondiale à la sauce hollywoodienne


La Seconde Guerre Mondiale est l’un des terrains de jeux favori des développeurs de jeux vidéos. On ne compte plus les licences dédiées à cette période de l’histoire contemporaine. (ex: Call of Duty, Médal of Honor, . . . )

L’un de ces jeux les plus connus est Battlefield 1942, sorti en 2002 par Electronic Arts. Il s’agit d’un First Personnal Shooter, (ou FPS), c’est-à-dire un jeu de tir à la première personne.

Images de Battlefield 1942

Le joueur incarne un soldat de l’Axe ou des Alliés, en choisissant une classe parmi les cinq disponibles ( Eclaireur, Assaut, Antichar, Médecin et Sapeur), chacune ayant des spécificités bien distinctes, le but étant de capturer des points de renfort afin de battre l’équipe adverse.

Si le concept reste très classique, l’innovation de Battlefield 1942 réside dans l’utilisation de grandes batailles ayant eu lieu durant la Seconde Guerre Mondiale comme terrain de jeu. Le joueur aura donc des cartes du nom de Stalingrad, Midway, El-Alamein ou Ardennes, avec pour chaque cartes les conditions historique de chaque conflit ayant eu lieu a ces différents endroits.

Ainsi, la carte d’El-Alamein verra s’affronter Allemands et Anglais dans le désert égyptien, aux commandes de chars. Guadalcanal verra les Américains tenter de reprendre l’île aux Japonais avec l’appui de leur flotte et de leur aviation. Enfin, Stalingrad sera le théatre d’une vraie guerre de position au sein de la ville entre les Allemands et les Russes. Les détails portés à ces cartes (même si ces dernières sont de taille réduite, par obligation) sont vraiment très poussés.

De même, les véhicules proposés dans le jeu sont de fidèles reproductions des véhicules de l’époque. Il faut dire qu’il y en a pour tout les goûts, entre les Jeeps, les chars d’assaut, les avions de combat et de bombardement, et même les sous-marins et les porte-avions !! Chaque véhicule est une parfaite reproduction, et il ne sera pas compliqué de faire la différence entre un tank Sherman américain, et un tank Panzer allemand .

Restons dans le réalisme historique avec les tenues et l’armement des soldats, conformes avec celui de l’époque. Les soldats Américains peuvent donc être armés de Thompson, les Allemands de STG-44, ou les Russes des fameuses DP-28 dites  » à galette ».

Battlefield 1942 a connu deux add-on. Le premier, Campagne d’Italie, qui est, comme son nom l’indique, centré sur l’avancée des troupes américaines en Italie. Du coup, l’armée italienne fait son apparition, mais également les Forces Françaises Libres !! En effet, et il est intéressant de le souligner, il s’agit d’un des rares jeu basé sur la Seconde Guerre Mondiale où l’armée française est présente et même jouable. (A croire que les Américains ignorent que des Français se sont eux-aussi battus à l’époque …) La seconde extension, Arsenal Secret, sort un peu des sentiers battus tracé par le jeu original en dotant les joueurs de toutes les armes un peu spéciales mis au point par les deux camps durant la Seconde Guerre Mondiale. Le jeu s’écarte donc un peu de la réalité historique au profit du gameplay et du plaisir de jeu.

Au final, on peut dire que Battlefield 1942 est réaliste d’un point de vue historique, tant sur la géographie et la configuration du terrain,  que sur les véhicules et l’armement, mais que ce  souci du détail et du réalisme historique est entièrement au service du spectacle et de l’ambiance pour divertir au maximum le spectateur/joueur. Au final, Battlefield 1942 est au jeu vidéo ce que le film Il faut sauver le soldat Ryan est au cinéma, c’est-a-dire un divertissement à gros budget sur fond de Seconde Guerre Mondiale.

Victoria II, ou la période victorienne au service d’un wargame


La période victorienne, qui correspond au règne de la reine d’Angleterre Victoria entre 1837 et 1901, est marquée par la révolution industrielle, la colonisation et de nombreux conflits, que ce soit en Europe, en Amérique, ou en Asie. Il y a donc là une toile de fond historique propice à une multitude de jeux vidéos. Victoria II en fait partie.

Victoria II est un jeu sorti en 2010 par l’éditeur Paradox Interactive. il s’agit d’un jeu de type wargame, c’est-à-dire une simulation géo-politique. Le jeu commence en 1835, pour s’achever en 1935, soit un siècle à gérer toutes les aspects d’une nation.

Le jeu débute en 1835, et le joueur doit choisir de diriger une nation parmi une multitude de monarchies et de royaumes disponibles. Il devra par la suite gérer l’économie, la diplomatie, la guerre, le commerce, de la nation choisie, dans le but d’en faire la nation la plus puissante du monde.

Le contexte historique du début de jeu, soit 1835, est extrêmement fidèle à la réalité de l’époque. La population, les frontières, les relations commerciales et diplomatiques, les forces armées, tout cela correspond en tout point à la réalité historique de l’époque, et ce, pour chaque pays disponible dans le jeu. De même, les grands événements politiques, diplomatiques et militaires, tels que la Guerre de Sécession, l’unification de l’Italie, la naissance de l’Allemagne, ou la colonisation de l’Afrique sont simulés aux dates exactes, avec les conséquences historiques qui en ont résulté.

En parallèle, les découvertes scientifiques, mécaniques, médicales et autres, sont disponibles au fur et à mesure, en fonction de la date de leur découverte réelle. Vous aurez ainsi à mettre en route votre Révolution Industrielle si vous ne voulez pas être distancé par les autres nations !! Enfin, les bouleversement sociaux et idéologiques de ce siècles sont aussi présents, avec par exemple la révolution libérale européenne de 1848 qui sera source d’insurrections communistes, ou l’apparition au fur et à mesure de courants de pensées marxistes et socialistes qui voudront se faire une place sur la scène politique. Tout cela permet au jeu d’immerger au maximum le joueur dans le monde  dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

Cependant, il y a quelques bémols qui, sans être catastrophique quand au jeu en lui même, relève de l’erreur historique.

Ainsi, la colonisation de l’Afrique se fait très facilement, comme si les royaumes africains n’existaient pas. En effet, et c’est bien dommage, l’Afrique est un peu « l’enfant pauvre » de ce jeu. Des pays manquent à l’appel, et la notion de sultanat ou de monarchie tribale est absente. Du coup, l’histoire de ce continent à cette période passe essentiellement par l’histoire des pays européens, surtout après la conférence de Berlin de 1884-1885, qui marque le début de la course à la colonisation.

De plus, si la plupart des évènements de cette période se produisent en temps et en heure, il arrive cependant que certains évènements aient lieu de manière uchronique. Par exemple, voir l’unification de l’Italie terminée en 1860 au lieu de 1870 fait un peu tâche.

Au final, la trame historique de Victoria II est excellente, les développeurs ayant réussi le tour de force de faire correspondre à la réalité quasiment toutes les caractéristiques géo-politiques, sociales, économiques, et religieuses du globe à cette époque. Le principal reproche que l’on peut faire à ce jeu est une vision historique un peu trop centrée sur l’Europe, au détriment des autres continents, et une tendance à l’uchronie passé un certain temps de jeu. Donc, si vous voulez tester un wargame de qualité qui repose sur mes trames d’une période historique parfois méconnue, Victoria II saura vous convaincre.