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Gaming Live Crusader Kings II – PC


Voici le Gaming Live sur le wargame Crusader Kings II, un jeu édité par Paradox Interactive en 2012 sur PC, et qui est basé sur l’histoire médiévale. Un très bon jeu, possédant une trame historique excellente, malgré sa tendance à l’uchronie.

Test de Crusader Kings II : https://jeuxvideosethistoire.wordpress.com/2012/06/08/crusader-kings-ii-ou-le-mariage-entre-histoire-medievale-et-wargame/

Gaming Live – Caesar II – PC


Voici le premier Gaming Live d’Histoire et Jeux Vidéos !! Nous parlerons ici de Caesar II, le city-builder édité par Sierra en 1995, et basé sur l’histoire romaine. Un très bon jeu de gestion, assez fidèle à l’Histoire, malgré des défauts mineurs.

Test de Caesar II : https://jeuxvideosethistoire.wordpress.com/2011/07/18/la-quadrilogie-caesar-ou-la-civilisation-romaine-au-service-dun-jeu-de-gestion/

Crusader Kings II et ses DLC, ou le mariage entre histoire mediévale et wargame !!


Le Moyen-Age est une période de l’histoire complexe, marqué par de nombreux événements. La période comprise entre 1066 et 1453 en est le parfait exemple, puisque ces quatre siècles ont été secoué par les croisades, les guerres franco-anglaises, l’apparition et la disparition de certaines puissances européennes. Il y a donc là une toile de fond historique propice à une multitude de jeux vidéos. Crusader Kings II en fait partie.

Crusader Kings II est un jeu sorti en 2012 par l’éditeur Paradox Interactive, un studio spécialiste dans le wargame historique.  Il s’agit d’un jeu de type wargame, c’est-à-dire une simulation géo-politique. Il a connu à ce jour sept DLC, à savoir Sword of Islam, Legacy of Rome, Sunset Invasion, The Republic, The Old Gods et Rajas of India, développant le gameplay et la durée de jeu, puisque ce dernier peut commencer en 867, pour s’achever en 1453, soit huit siècle pour faire prospérer une dynastie.

Le jeu débute en donc en 867, et le joueur doit choisir de diriger un comté, un duché voir même un royaume, parmi une multitude de possibilités. Il devra par la suite gérer l’économie, la diplomatie, la guerre, le commerce de son territoire, dans le but de faire prospérer sa dynastie, et de la rendre de plus en plus puissante et influente à force de guerres, d’alliances via les mariages et d’intrigues au fil des générations.

L’Histoire à la carte.

Le principal point fort du jeu réside dans les différents scénarios historiques qu’il propose au départ. Ainsi, si vous décidez de débuter en 1066, vous verrez une carte de l’Europe, de l’Asie et de l’Inde indiquant les diverses forces en présence à ce moment, détaillant par la même la population, les frontières, les relations commerciales et diplomatiques, les forces armées et autres qui correspondent en tout point à la réalité historique de l’époque, et ce, pour chaque royaume disponible dans le jeu. Il en va de même pour les autres scénarios proposés, qui collent chacun au plus près à la réalité historique. Vous aurez ainsi la possibilité de vous lancer dans les guerres vikings en 867, d’incarner Guillaume « Le Batârd » et de mener la campagne d’Angleterre afin qu’il devienne « Le Conquérant », d’incarner Ghenghis Khan et de ravager l’Europe en 1220, ou de participer à la guerre de Cent Ans en 1337.

Une carte très détaillée pour un scénario historique réaliste

Une carte très détaillée pour un scénario historique réaliste

De même, les grands événements politiques, diplomatiques et militaires, tels que les razzias vikings, la création des différents ordres (les Templiers, les Croisés), les diverses croisades et djihads, ou autres sont simulés aux dates exactes, avec les conséquences historiques qui en ont résulté.

De plus, les principales dynasties européennes de l’époque sont présentes, ainsi que leurs blasons. Ainsi, dans le royaume de France, si vous débutez en 1066,  vous incarnez le jeune Philippe Ier, de la dynastie des Capétiens, pour aller jusqu’à Charles VI, de la dynastie des Valois en 1337, sauf si vous décidez de jouer le duc du Poitou, d’Aquitaine ou un autre et que vous vous souleviez pour vous emparer du trône et ainsi devenir la nouvelle dynastie dirigeante . . . Tout cela permet au jeu d’immerger au maximum le joueur dans les méandres de l’Europe médiévale, ou guerres, trahisons et alliances sont les voies pour s’imposer.

La généalogie de la dynastie Capet en 1337

La généalogie de la dynastie Capet en 1337

Enfin, les différents DLC ont permis de compléter le jeu, le rendant de plus en plus fidèle historiquement. En effet, il est possible de jouer les Musulmans (Sword of Islam), les Païens (The Old Gods) et les Juifs (Sons of Abraham), mais également de prendre la tête d’une république marchande (The Republic), ou encore de partir à la conquête du continent indien (Rajas of India).

Si on ajoute à cela la possibilité de consulter la page Wikipedia de la majorité des protagonistes (pour peu qu’il en ai une) via un lien directement implanté sur la page des portraits, on et clairement devant un jeu complet, qui essaie vraiment d’être le plus fidèle possible à l’Histoire tout en permettant au joueur de satisfaire sa curiosité. Cependant, il y a quelques bémols qui, sans être catastrophique quand au jeu en lui même, relève de l’erreur historique.

L’uchronie, conséquence logique du wargame

LE principal problème du jeu vient de sa nature même de wargame : il s’agit de l’uchronie, qui se met rapidement en place dans le jeu. En effet, pour peu que le joueur arrive à ses fins, on peut voir le royaume d’Italie renaitre de ses cendres prématurément, le royaume de France devenir musulman, ou l’Égypte tomber sous la domination du royaume du Danemark. Du coup, tous les efforts historiques et chronologiques des développeurs sont réduits à néant, et il n’est pas rare de voir une situation politique totalement différente que celle proposée par un scénario lorsque que l’on a commencé une partie plus tôt dans le temps.

Une Europe très différente de ce qu'elle était réellement en 1439

Une Europe très différente de ce qu’elle était réellement en 1439

D’autres éléments allant contre l’histoire sont présent. Ainsi, si vous prenez part à une croisade pour libérer Jérusalem, et que vous êtes celui qui à le plus contribué à la réussite de ladite croisade, vous devenez automatiquement roi de Jérusalem !! Or, le royaume franc de Jérusalem, qui dura de 1099 à 1291, n’a jamais été attribué de cette façon. Enfin, même si Crusader Kings II s’est récemment ouvert à l’Asie, avec l’apparition de l’Inde et la refonte de l’Asie Mineure, le jeu reste tout de même trop euro-centré, laissant de coté le continent africain.

Bilan

8/10

8/10

Les Plus                                                                                       Les Moins

+ réalisme historique des scénarios                                –  l’uchronie s’accentuant au fur de la partie

+ les liens Wikipedia présents                                          – quelques éléments non-historiques

+ les événements ponctuels historiques (croisades, …)

Au final, la trame historique de Crusader Kings II est excellente, les développeurs ayant réussi le tour de force de faire correspondre à la réalité quasiment toutes les caractéristiques géo-politiques, sociales, économiques, et religieuses de l’Europe à cette époque. Le principal reproche que l’on peut faire à ce jeu est inhérente à sa nature, à savoir une uchronie qui s’accentue au fur des années. Malgré tout, ce wargame repose sur une trame historique de qualité, et si vous souhaitez en apprendre plus sur le jeu politique à l’époque médiévale et si vous voulez conquérir un empire en partant d’un petit comté, alors Crusader Kings II saura vous convaincre.

 

Gaming Live de Crusader Kings II : https://jeuxvideosethistoire.wordpress.com/2014/05/15/gaming-live-crusader-kings-ii-pc/

Jeanne d’Arc, où l’histoire de France made in Japan !!


Au Japon, si il y a bien un pays que l’on aime, c’est la France !! Que ce soit la culture, l’architecture, ou l’histoire, les Japonais raffolent de ce qui est français. Il est donc logique de les voir s’intéresser à l’histoire de France, mais à leur façon !! Ainsi, Napoléon a été revisité par le mangaka Tetsuo Hara, qui est le créateur du manga Ken le Survivant, et la Révolution française s’est vue être mise en dessin par la mangaka Riyoko Ikeda sous le nom de  La Rose de Versailles, qui est ensuite devenu le dessin animé Lady Oscar.

Ici, le développeur Level-5, connu entre autre pour ses jeux Professeur Layton a décidé de créer un jeu vidéo sur l’histoire de France et de Jeanne d’Arc, intitulé sobrement Jeanne d’Arc, sorti en 2006 au Japon et en 2007 en France.

Dans ce tactical-RPG, sorti en 2007 au Japon, la Guerre de Cent Ans et histoire de Jeanne d’Arc ne sert que de trame de fond au jeu.

Le jeu mêle réalité et heroïc-fantasy, et ce, sur plusieurs points.

Commençons par l’histoire. En effet, si l’on suit les aventures de Jeanne, le contexte est légèrement . . . différent. Si la Guerre de Cent Ans a lieu, c’est parce qu’une entité maléfique a pris possession du corps du jeune roi anglais Henri VI, aidé par l’oncle de ce dernier, le Duc de Bedford. Dès lors, les armées anglaises envahissent la France, brulant le village de l’héroïne, Domrémy. Jeanne décide donc de se venger en chassant les Anglais hors de France. Une version de l’histoire teintée d’heroïc fantasy donc !!

L’héroïne, Jeanne, aura donc pour mission pendant une grande partie du jeu de bouter les Anglais hors de France. Le joueur fera donc le siège d’Orléans, participera au sacre de Charles VII à Reims, ainsi que l’attaque ratée sur Paris, mais  se retrouvera également a visiter la ville des Nains et celle des Elfes, des temples perdus, et autre lieux étranges. C’est pourquoi la worldmap est dotée de lieu réels ( Clairoix, Orléans, Chinon) et de lieux imaginaires. Autre erreur, cette fois-ci géographique : certains lieux réels sont mal placées (Rouen se retrouve au Nord de Paris) et des lieux fictifs également (la Tour d’Alsace se trouve . . . au Sud-Ouest de la capitale !!).

Les compagnons de Jeanne sont également un mélange de personnages réel et de personnages inventés. L’héroïne est entourée de Gilles de Rais, d’Etienne de Vignolles (dit « La Hire ») mais aussi de personnages fictifs avec des noms à consonances bien françaises tels que Jean, Marcel, Roger, ou Robert.

Mais les personnages réels bénéficient d’un traitement très « japonais » !!

Ainsi, Gille de Rais devient un noble au character design très Occidental, alors que La Hire devient carrément un homme-lion !!

Et c’est là que vient le gros du problème : en mêlant histoire et heroïc fantasy, on se retrouve avec des personnages qui ne collent pas du tout avec le Moyen Age. Ainsi, si les troupes anglaises comportent soldats, lanciers, et archers, il y a aussi des sorciers, des prêtres, mais également des Orcs, des Géants, des Elfes Noirs, des Dragons, . . .

Voici le genre d’ennemi que l’on peut rencontrer

De même, Jeanne a pour compagnons une Elfe, un Homme-Panthère, et même une grenouille sachant manier l’épée !! . . . Bref, on retrouve tout le bestiaire de l’heroïc fantasy classique. De plus, les héros et Jeanne possèdent des bracelets magique, leurs permettant de se transformer en super-soldats, avec des armures très kitsh (rose, noire, bleu turquoise),  se qui accentue le coté japonais du soft. Et bien sur, il ne faut pas oublier la possibilité d’utiliser la magie, et autres coups spéciaux, propre à tout tactical-RPG.

Attention, spoiler !!

Enfin, l’histoire en elle-même s’éloigne au fur et à mesure de l’histoire réelle. En effet, au début, Jeanne attaque Orléans, est blessée, puis participe au sacre de Charle VII à Reims. Mais à la suite d’une bataille, elle tombe dans un ravin, et l’une de ses compagnons, Liane, prend sa place. C’est elle qui sera capturée, puis brulée à Rouen. Jeanne réapparait ensuite, et combattra non plus les Anglais, mes les forces du mal, représenté par Henri VI et ses démons. Le combat final aura lieu dans la dimension infernal contre cet entité.

 

Tout cela fait de Jeanne d’Arc un jeu très particulier. L’histoire de la Guerre de Cent Ans et de Jeanne d’Arc ne sont qu’un prétexte, le studio Level-5 prenant énormément de liberté historique. Au fur et à mesure du jeu, on s’éloigne du contexte historique, puisqu’à partir de la moitié du jeu, il n’est plus question d’une guerre franco-anglaise, mais plutôt d’une guerre entre le Bien et le Mal. On peut regretter que le studio japonais n’est pas cherché à approfondir le coté historique, car plusieurs détails montrent qu’il maitrisaient bien le sujet (le fait que Jeanne fut capable de reconnaître Charles VII, vêtu simplement au milieu de ses courtisans, . . .). Le coté heroïc fantasy prend de plus en plus de place au détriment de la vérité historique, et le jeu perd de son identité, car même si l’héroïne est toujours Jeanne, le contexte est totalement différent. Au final, Jeanne d’Arc est très bon Tactical-RPG, qui respecte parfaitement les codes du genre, mais il aurait pu s’appeler autrement, tant la réalité historique est peu respectée.

 

 

Stronghold, où la gestion d’un domaine seigneurial à portée de tous.


Dans le monde du jeu vidéo, les jeux de stratégie sont ceux qui utilise le plus l’histoire, et ce, sur toutes les périodes possibles. Entre l’histoire ancienne, l’histoire médiévale, l’histoire moderne et l’histoire contemporaine, il faut dire qu’il y a le choix !!

L’éditeur Take Two a décidé de piocher dans l’histoire médiévale, et plus précisément au début du XIIe siècle, pour son  jeu de stratégie en temps réel, Stronghold, sorti en 1991. Ce dernier est donc un jeu construit sur deux axes, en premier la gestion d’un château médiéval, et le second, la guerre.

Images de Stronghold

Dans le domaine de la gestion, Take Two a tout fait pour respecter au maximum les conditions de l’époque, et gérer au mieux divers événements. Ainsi, lorsque vous développez votre château, vous devez prendre en compte plusieurs facteurs, afin de s’assurer que la population qui est sur vos terres se sentent le mieux possible. Cela passe par la religion, l’alimentation, mais aussi l’alcool . . . Bref, tout ce qui faut pour éviter qu’ils ne se rebellent contre vous car, il faut dire que la partie économie vous fait gérer les taxes et autres impôts, et qu’une imposition trop forte peut ne pas être appréciée par tous . . . A l’inverse, vous pouvez décider de régner par la terreur, en construisant moults engins de tortures, de quoi convaincre vos sujets de ne pas vous contrarier !!

Bref, vous pouvez choisir d’être un Arthur ou un Léodagant, au choix !! ^^

De même, la partie consacrée à la guerre respecte elle-aussi les codes de l’époque. Ces batailles concernent en général l’assaut ou la défense d’une forteresse. A vous d’attaquer ou de défendre une citadelle à l’aide d’archers, de béliers, de balistes, de douves voir même d’huile bouillante !! Anecdote amusante mais historique, on peut même envoyer du bétail malade avec les catapultes afin de contaminer les gens défendant les châteaux !!

Enfin, plusieurs événements imprévus viendront rythmer la partie, toujours en adéquation avec la période médiévale. Vous aurez ainsi à gérer des incendies, des épidémies diverses, l’attaque de loups ou de brigands, bref, toutes les joies découlant du Moyen-Age !!

A coté du mode Campagne, le mode Siège propose des combats de sièges « historiques », autour de 9 châteaux forts types du Moyen-Age, tels que celui de Leeds, Windsor, ou encore Heidelberg.

Tout cela démontre la volonté de Take Two de coller au plus près de la réalité historique, afin de retranscrire au maximum les conditions de vie et de gestion du Moyen Age.

Seul écart historique, les personnages que l’on rencontrent dans le jeu. En effet, point de personnages historiques, tels que Louis VI Le Gros, ou Louis VII, de duc de Normandie ou de Comte du Poitou. Ici, que des personnages fictifs, qui se nomme le Duc de Beauregard, le Duc de Volpe ou le Lord Manikin. A chaque personnage est lié un trait de caractère exagéré au possible (le lâche, le cruel, le violent, . . .). Bien que cela n’est que très peu d’importance au niveau du jeu, l’absence de personnages réels est dommage car cela aurait encore plus ancré le jeu dans la réalité historique.

Au final, Stronghold est un très bon jeu de gestion sur le plan historique, puisqu’il respecte au maximum toutes les caractéristiques inhérentes au Moyen Age, tant sur le plan de la gestion d’un domaine seigneurial que dans la mise en place d’une attaque ou d’une défense de place fortes. Si vous cherchez un jeu qui vous mette dans la peau d’un seigneur du Moyen Age, en respectant la réalité historique, n’hésitez pas, Stronghold est fait pour vous !!

The Saboteur, ou la Résistance Française version Inglorious Bastards


Lorsqu’un jeu basé sur la Seconde Guerre Mondiale est édité, il y a des grandes chances pour qu’il s’agisse d’un FPS à la sauce Call of Duty, où un RTS à l’image de Compagny of Heroes, et que la trame consiste à prendre part aux grandes batailles qui ont jalonné ce conflit. Or, surprise, il existe des éditeurs qui ont compris que d’autres genres de jeux peuvent être adapté à cette période historique, et que les combats armes aux poings ne sont pas le seul challenge qui peut être proposé.

C’est le cas du jeu The Saboteur, sorti en 2009 par Pandemic Studios. En effet, il s’agit du premier GTA-like basé sur la Seconde Guerre Mondiale, et sur la Résistance Française en plus !!

Images de The Saboteur

Le joueur incarne Sean Devlin, un Irlandais qui va devenir membre de la Résistance Française via un scénario improbable que n’aurait pas renié Quentin Tarantino. Dès lors, il va devoir faire exploser des cibles définies par la Résistance, escorter d’autres Résistants, et éliminer des officiers allemands.

Le concept est particulièrement original, le joueur évoluant dans une ville de Paris, aux graphismes noirs et blancs pour les zones contrôlées par les Nazis, où seul le rouge ressort,  et aux quartiers plus colorées correspondant aux zones libérées. Si le héros peut se promener quasi-librement, comme dans tout GTA-Like, il peut également évoluer en passant par les toits à l’instar de la série Assassin’s Creed. De plus, et il faut le souligner, il s’agit d’un des rares jeux où la Résistance Française est mis en avant. Bref, un jeu qui sort des sentiers battus du genre !!

Seul problème, et de taille : le jeu ne respectent absolument pas la réalité historique !!

Cela commence avec la date de la chute de la ville de Paris. Si dans la réalité, entre le début de la guerre, en Septembre 1939, et la prise de Paris le 14 Juin 1940, il s’est écoulé 10 mois, dans le jeu, on apprend que Paris est tombé 3 mois après le début de la guerre !!

Ensuite vient la plus grosse erreur du jeu : la géo-localisation des monuments dans Paris, et la géographie immédiate de la ville. En effet, si les développeurs ont assez bien modélisés les monuments historiques de la ville (comme la Tour Eiffel, Montmartre, . . . ), ils ont décidé de tous les regrouper dans la même zone,  histoire d’avoir toujours la Tour Eiffel en visuel . . .

De même, s’il est possible de se rendre au Havre, en Lorraine où en Picardie, c’est parce que ces zones sont situées à moins de 5 minutes du centre-ville parisien !! Ainsi, sur la carte, le Havre n’est qu’à deux kilomètres de Paris . . .

Dans le même genre, il est dommage de voir que TOUT les Allemands sont considérés comme étant Nazi .  .  . Et si les tenues des S.S correspondent aux vraies tenues de l’époque, ne voir que des hommes en noirs donnent à penser que tout les Nazis du monde se sont donné rendez-vous à Paris !

Enfin, si le jeu s’appelle The Saboteur, le héros ne va pas faire dans la furtivité bien longtemps, puisque certaines missions l’obligeront à détruire une base allemande a lui tout seul, voir même à faire exploser des zeppelins !! Alors que les Résistants se devaient d’être le plus discret possible, il est dommage de voir que cette condition ne figure pas vraiment dans ce jeu.

Un esthétisme graphique qui tend vers Sin City, un scénario à la Inglorious Bastards, et un manque de respect flagrant de la réalité historique . . . Au final, The Saboteur se veut divertissant à défaut d’être réaliste. Si vous aimez les Allemands à fort accent, les sympathisantes nazies au décolleté plongeants, les explosion et les scènes de fusillade, et l’humour au second degré à la sauce Tarantino, ce jeu devrait vous plaire. Si vous recherchez plutôt un jeu historique, avec un Résistant devant lutter contre les Allemands dans une ville de Paris réaliste, alors passez votre chemin, vous risquez d’être déçu.

Victoria II, ou la période victorienne au service d’un wargame


La période victorienne, qui correspond au règne de la reine d’Angleterre Victoria entre 1837 et 1901, est marquée par la révolution industrielle, la colonisation et de nombreux conflits, que ce soit en Europe, en Amérique, ou en Asie. Il y a donc là une toile de fond historique propice à une multitude de jeux vidéos. Victoria II en fait partie.

Victoria II est un jeu sorti en 2010 par l’éditeur Paradox Interactive. il s’agit d’un jeu de type wargame, c’est-à-dire une simulation géo-politique. Le jeu commence en 1835, pour s’achever en 1935, soit un siècle à gérer toutes les aspects d’une nation.

Le jeu débute en 1835, et le joueur doit choisir de diriger une nation parmi une multitude de monarchies et de royaumes disponibles. Il devra par la suite gérer l’économie, la diplomatie, la guerre, le commerce, de la nation choisie, dans le but d’en faire la nation la plus puissante du monde.

Le contexte historique du début de jeu, soit 1835, est extrêmement fidèle à la réalité de l’époque. La population, les frontières, les relations commerciales et diplomatiques, les forces armées, tout cela correspond en tout point à la réalité historique de l’époque, et ce, pour chaque pays disponible dans le jeu. De même, les grands événements politiques, diplomatiques et militaires, tels que la Guerre de Sécession, l’unification de l’Italie, la naissance de l’Allemagne, ou la colonisation de l’Afrique sont simulés aux dates exactes, avec les conséquences historiques qui en ont résulté.

En parallèle, les découvertes scientifiques, mécaniques, médicales et autres, sont disponibles au fur et à mesure, en fonction de la date de leur découverte réelle. Vous aurez ainsi à mettre en route votre Révolution Industrielle si vous ne voulez pas être distancé par les autres nations !! Enfin, les bouleversement sociaux et idéologiques de ce siècles sont aussi présents, avec par exemple la révolution libérale européenne de 1848 qui sera source d’insurrections communistes, ou l’apparition au fur et à mesure de courants de pensées marxistes et socialistes qui voudront se faire une place sur la scène politique. Tout cela permet au jeu d’immerger au maximum le joueur dans le monde  dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

Cependant, il y a quelques bémols qui, sans être catastrophique quand au jeu en lui même, relève de l’erreur historique.

Ainsi, la colonisation de l’Afrique se fait très facilement, comme si les royaumes africains n’existaient pas. En effet, et c’est bien dommage, l’Afrique est un peu « l’enfant pauvre » de ce jeu. Des pays manquent à l’appel, et la notion de sultanat ou de monarchie tribale est absente. Du coup, l’histoire de ce continent à cette période passe essentiellement par l’histoire des pays européens, surtout après la conférence de Berlin de 1884-1885, qui marque le début de la course à la colonisation.

De plus, si la plupart des évènements de cette période se produisent en temps et en heure, il arrive cependant que certains évènements aient lieu de manière uchronique. Par exemple, voir l’unification de l’Italie terminée en 1860 au lieu de 1870 fait un peu tâche.

Au final, la trame historique de Victoria II est excellente, les développeurs ayant réussi le tour de force de faire correspondre à la réalité quasiment toutes les caractéristiques géo-politiques, sociales, économiques, et religieuses du globe à cette époque. Le principal reproche que l’on peut faire à ce jeu est une vision historique un peu trop centrée sur l’Europe, au détriment des autres continents, et une tendance à l’uchronie passé un certain temps de jeu. Donc, si vous voulez tester un wargame de qualité qui repose sur mes trames d’une période historique parfois méconnue, Victoria II saura vous convaincre.

Caesar II, ou la civilisation romaine au service d’un jeu de gestion


 Avé Caesar, ceux qui vont jouer te salue !! En effet, nous allons vous parler de l’un des meilleurs jeux de gestion des années 1990-2000, à savoir Caesar II. Entre gestion de votre cité et de votre province, les attaques des barbares et l’humeur de l’Empereur, vous aurez du travail dans ce jeu assez fidèle historiquement, où chaque bâtiment recèle des faits historiques quand à leurs fonctions et leurs utilisations.

Sans titre

Le jeu vidéo Caesar II, sorti en 1995 par l’éditeur Sierra sur PC, fait parti des jeux de gestion et de stratégie, où le but est de construire et de faire prospérer des villes, en les dotant de tous les éléments dont ont besoin des citoyens, le jeu le plus connu de ce type étant Sim City. Là où ce jeu ce démarque des autres, c’est qu’il se base sur l’histoire romaine antique, intégrant ainsi une dimension historique, qui si elle ne révolutionne pas le gameplay, le modifie de façon subtile. Ainsi, le but est bien évidemment le même que dans les autres jeux du même type, mais les contraintes de l’époque régissent certains éléments : en effet, en plus de devoir gérer sa cité, le joueur doit également défendre sa province contre les barbares, tout en restant à l’écoute de l’empereur, qui vous sollicitera de différentes façons.

Le jeu est donc régi par les codes du genre. La construction des infrastructures permettant à sa population de se développer est primordiale. Ainsi, la mise en place de puits et d’aqueducs sont nécessaires pour pourvoir en eau toute la population des villes. De même, la création de fermes, d’entrepôt et de marchés sont indispensables pour nourrir sa population.

Omnibus viis Romam pervenitur

Et c’est là ou Sierra joue à fond la carte du réalisme historique. En effet, la plupart des constructions disponibles respectent les codes de l’architecture romaine de l’époque, basée sur la symétrie et les formes géométriques. De plus, le rôle des différents bâtiments constructibles collent au plus près à la réalité. Par exemple, afin de divertir à sa population, il est possible de construire des théâtres, des cirques, des arènes . . . La religion est également présente, et il est également parfois nécessaire de faire de « petits cadeaux » à César afin de bénéficier de sa gratitude !!

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Exemple de cités

Bref, de multiples détails, réalistes et historiques, permettent de s’immerger complètement dans sa cité romaine, ainsi que dans sa province, lorsque des attaques de « barbares » ont lieu, mettant ainsi votre armée à rude épreuve, lors de face-à-face où les stratégies militaires et les tactiques de l’époque sont à utiliser, comme la fameuse « tortue » par exemple. A noter que certaines guerres historiques sont présentes, et vous pourrez ainsi croiser par exemple Hannibal et ses éléphants !!

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Bataille rangée entre votre armée et des envahisseurs

Mais, me direz-vous, tout cela résulte des mécaniques de jeu, et n’a que peu de rapport avec l’Histoire en tant que telle. eh bien détrompez-vous !! En effet, dans le panneau situé à droite de l’écran, se situe une case qui permet d’obtenir des renseignements historiques sur chaque bâtiment en cliquant sur ce dernier. Cela permet, en plus de s’instruire en jouant, de constater le travail effectué par le studio de développement pour respecter le plus possible la réalité historique.

Tous ces éléments montrent bien que le travail de recherches historiques fourni par les concepteurs du jeu est dès plus conséquent, permettant ainsi à Caesar II  d’être le plus fidèle possible à la réalité historique tant sur le plan architectural que fonctionnel des bâtiments, mais également sur le plan militaire.

Quelques petits défauts

Malgré tout ce travail de recherches historiques, ce jeu n’est pas exempt de quelques défauts historiques. Ainsi, les renseignements historiques des bâtiments sont inégaux, variant du simple au double, et s’apparentent plus à une page Wikipedia qu’à des éléments de cours d’histoire. Cela est encore plus flagrant en Province, ou des bâtiments tels que les comptoirs commerciaux ont été tout simplement oublié !!

De même, en mode campagne, le joueur évolue en grade au fur et à mesure qu’il réussit les missions qui lui sont attribué, et se voit confier la gestion de provinces de plus en plus importantes, devenant ainsi questeur, édile, puis consul, proconsul, et enfin . . . Empereur !! Hors, il était impossible de suivre ce chemin pour devenir Empereur, puisque le titre était héréditaire, à l’instar des rois de France. De même, la période couverte par le jeu correspond à l’ensemble de l’histoire romaine, puisque l’on commence au tout début par coloniser Capoue ou Syracuse, des régions italiennes conquises au IIIe siècle av J.C, pour finalement voir l’Empire romain s’étendre en passant par l’Hispanie ( IIe siècle av J.C), la Gaule ( Ier siècle av J.C) et l’Angleterre (1er siècle ap J.C), soit près de quatre siècles pour un seul personnage, chose bien sûr impossible !!

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La carte de l’Empire Romain et de ses provinces

De plus, si vous avez la possibilité de construire des temples, ces derniers sont génériques, s’adressant aux Dieux romains dans leur ensemble, et non à un Dieu en particulier, comme c’était le cas à l’époque, avec notamment des sanctuaires dédiés à Jupiter, Mars, ou encore Junon.

Il s’agit là de défauts mineurs, qui ne gâchent en rien tout le travail effectué par Sierra, mais qui montre que le studio pouvait faire encore mieux en approfondissant et en développant un peu plus leurs recherches, pour coller d’avantage à la réalité historique.

Bilan

Note : 7/10

Note : 7/10

Les Plus                                                                                       Les Moins

+ ambiance réussie                                                               –  quelques petites erreurs historiques

+ renseignements historiques disponibles . . .              –  . . . mais de façon inégale, et peu développés

Alors bien sûr, même si Caesar II repose sur une base historique solide, y jouer ne veut pas dire prendre un cours accéléré d’histoire romaine. Cela dit, il permet tout de même de pouvoir découvrir la fonction des différents ouvrages et constructions de l’époque grâce aux descriptions faites dans les outils du jeu. Ses quelques erreurs historiques ne sont pas rédhibitoires, et ne gâche pas le bon travail de Sierra. Et comme ce jeu est un « abandonware », c’est-à-dire un jeu abandonné par son éditeur et donc gratuit, je ne peux que vous conseiller de l’essayer afin de vous faire votre propre avis !!

 

Gaming Live de Caesar II : https://jeuxvideosethistoire.wordpress.com/2014/05/12/gaming-live-caesar-ii-pc/