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Interview d’Epyon, rédacteur à JeuxVidéos.com, réalisée pendant la Paris Game Week


  1. Tout d’abord, peut-tu te présenter (parcours, …) ?

=> Eh bien bonjour, je m’appelle Loïc, plus connu sous le pseudonyme d’Epyon, sous lequel j’officie pour le site jeuxvideo.com. Après un Bac L obtenu haut la main (peau d’lapin), je me suis dirigé vers une fac d’anglais (LLCE, plus précisément), un peu par défaut. Jusqu’alors j’envisageais plutôt Science-Po, ou même l’école du Musée du Louvre, mais des soucis personnels m’ont empêché de quitter la ville où j’habitais alors (Grenoble), et, à quelques semaines de la reprise des cours, il fallait bien que je trouve quelque chose. Après 3 ans à galérer entre les grèves étudiantes et les soucis administratifs de tout genre, complètement lassé par la vie universitaire, j’ai abandonné avant même de terminer ma licence. Après une année sabbatique, j’ai finalement décidé de reprendre mes études, cette fois-ci du côté de Limoges, en optant cette fois pour l’Histoire, là encore un peu par défaut, même si je n’ai pas regretté ce choix par la suite.

  1. Comment est-tu devenu membre de la rédaction de Jeuxvidéo.com ?

=> Un coup du destin, je dirais ! Plus sérieusement, alors que j’allais entrer en troisième année, jeuxvideo.com m’a contacté pour me proposer un emploi. Non pas à la rédaction, mais service Marketing, afin d’occuper le poste de community manager. Il fallait notamment que je m’occupe des forums, et dans une moindre mesure des réseaux sociaux. Le poste était fait pour moi, si je puis dire, puisque je connaissais et fréquentais le site depuis sa création ou presque ; en outre, j’étais l’un des plus anciens membres du noyau dur de la communauté du site, et l’administration me connaissait plutôt bien puisque j’avais été modérateur bénévole sur plusieurs de leurs plus gros forums. J’ai donc fini par accepter, après en avoir discuté avec l’un de mes professeurs. Mais c’est en arrivant réellement à jeuxvideo.com, et après plusieurs mois de travail que je me suis rappelé à quel point le boulot de rédacteur m’avait fait envie, par le passé. En 2009, j’avais même candidaté pour obtenir un poste, après un appel à candidature… sans succès. J’ai donc retenté ma chance en mars 2013, lorsque l’on a appris que l’un des rédacteurs allait s’absenter pour au moins un an. J’ai envoyé un dossier assez étoffé, composé d’une dizaines de tests, et de deux articles traitant de sujets « de fond », plutôt pointus donc. J’ai finalement été retenu, avec 3 autres personnes, pour passer une série de tests et d’entretiens. Suite à quoi j’ai appris que j’étais embauché. J’ai eu énormément de mal à y croire sur le moment, puisque j’avais passé ces tests et entretiens dans les pires conditions possibles (une opération des dents de sagesse deux jours avant, particulièrement douloureuse).

Histoire générale

  1. En tant que journaliste, et ayant une formation historique, le coté historique des jeux est-il un critère sur lequel tu fait attention, en particulier pour les jeux qui se revendiquent comme tel, à l’exemple de la série mondialement connue d’Ubisoft, Assassin’s Creed ?

=> J’y fais attention comme je pourrais faire attention dans certains films ou certains romans. C’est à dire que je ne vais pas être vraiment exigent, même si certaines erreurs pourraient m’agacer, si elles sont illogiques. En revanche des références particulières, qui dénoteraient d’un travail de documentation approfondie, auront plutôt tendance à attirer ma bienveillance, c’est certain. Ce fut par exemple le cas lors de mes premières sessions de jeu sur Assassin’s Creed 3. Le jeu était supposé avoir pour trame de fond la Guerre d’Indépendance Américaine, et à la grande surprise d’une majorité des joueurs, les premières heures de jeu se déroulaient durant la Guerre de 7 ans (et donc surtout la Guerre de Conquête), et il y avait certaines références assez pointues, notamment à l’Expédition Braddock, à la « prise » de Fort Duquesne, c’était assez plaisant.

  1. Prenons l ‘exemple d’Assassins’s Creed. On peut reprocher à cette série d’avoir un décor et un contexte historique, mais une trame narrative mêlant fiction et Histoire, au risque d’induire le joueur en erreur. Du coup, quand on teste ces jeux, est-ce que l’on fait attention à préciser aux lecteurs ce qui est est vrai historiquement, et ce qui ne l’est pas ?

=> À titre personnel je n’ai jamais eu la chance de tester, pour jeuxvideo.com, l’un de ces jeux. En revanche je les apprécie énormément, en tout cas pour les premiers épisodes, et j’ai tendance à les conseiller régulièrement à des amis non-joueurs. Dans ce contexte-là je fais effectivement attention à préciser que les titres mêlent fiction et histoire et que tout n’est pas à prendre comme argent comptant. D’ailleurs les développeurs eux-mêmes ne s’en cachent pas, et avertissent les joueurs qu’il s’agit avant tout d’une œuvre de fiction, en début de partie.

  1. Dans le cadre des interviews des développeurs de jeux se revendiquant comme étant historique, ces derniers expliquent-ils leur façon de faire des recherches historiques, et est-ce une question qui vous semble importante à poser ?

=> Là encore je n’ai jamais eu cette chance, même si, dans les interviews que j’ai pu lire, les développeurs disent d’eux-même qu’ils n’ont pas la prétention de donner des leçons d’Histoire avec leurs jeux. Ils l’ont encore rappelé récemment suite aux vives critiques de Jean-Luc Mélenchon, concernants Assassin’s Creed Unity. Mais en tant qu’ancien étudiant en Histoire, et passionné par le sujet depuis ma plus tendre enfance, c’est une question qu’il me paraîtrait naturel de poser.

  1. Quand on regarde les jeux dits historiques, on a l’impression que l’époque détermine le type de jeu, comme les FPS pour la Seconde Guerre Mondiale, les jeux de stratégie pour l’histoire médiévale, … Peut-on regretter cette situation, tout comme le fait que des pans de l’Histoire ne soit pas utilisé car non adaptable ?

=> À mon sens c’est surtout une question de gameplay, certaines époques offrant plus ou moins de possibilités… Il serait par exemple difficile de faire un FPS sur fond de Guerre de 100 Ans, la vie d’un arbalétrier n’aurait rien de bien excitant, en terme de jeu vidéo ! En revanche je pense que des périodes comme le Moyen Age sont de mieux en mieux exploitées, et on peut trouver beaucoup de styles différents… Avec des jeux comme Chivalry : Medieval Warfare, ou War of the Roses, on a deux jeux plongeant le joueur (tant bien que mal) dans le Bas Moyen Âge, mais qui ne sont pas des jeux de stratégie. Il existe aussi beaucoup de jeux de stratégie prenant ayant pour trame de fond la Seconde Guerre Mondiale. Il faut simplement fouiller un peu et aller plus loin que les jeux dits AAA, les hits des gros éditeurs, comme Activision ou UbiSoft.

Mais je pense que la force du jeu vidéo, c’est justement qu’il offre de très nombreuses possibilités, et que rien n’est inadaptable. Je me rappelle avoir lu il y a 10 ans, dans un magazine (TotalCube, je crois) un article qui justement trouvait dommage que la 1ère Guerre Mondiale ne soit pas traitée dans un jeu vidéo. Mais l’article mettait également en avant le fait que cette guerre offrait sans doute des possibilités… limitées : attendre dans une tranchée, et charger à l’aveugle en espérant ne pas se faire descendre par un ennemi aveugle, en terme de jeu vidéo, ça n’aurait aucun intérêt. Avec tout le respect que j’ai pour les millions de personnes qui sont morts durant cette guerre, bien entendu. En revanche, pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps, UbiSoft a pris le parti de développer et d’éditer un jeu nommé Soldat Inconnu. Le parti pris est intéressant, puisque plutôt que d’en faire un jeu d’action, type FPS, potentiellement sans intérêt, ils ont décidé d’en faire un jeu de plates-formes/aventures, dépeignant avec beaucoup de justesse l’horreur de la vie dans les tranchées, et de la guerre de manière générale. C’est un très beau plaidoyer pour la paix ! Le jeu en lui-même souffre de plusieurs défauts agaçants, mais reste qu’il traite un sujet très grave d’une manière plutôt juste et jusque là assez originale.

  1. Pour plaire, le jeu vidéo se doit d’être de très bonnes qualités tant sur le plan du gameplay que de la réalisation, de la trame narrative, … Est-ce que les jeux vidéos historiques ne négligent pas cet aspect là, et du coup, attirent moins les joueurs ?

=> Peut-être, oui. Et c’est en cela qu’Assassin’s Creed a été une véritable petite révolution, parce que pour la première fois, un gros éditeur s’attaquait à l’Histoire avec un H, en prenant le parti de livrer un jeu à la fois beau, immersif, plutôt crédible/cohérent côté Histoire, et très grand public dans son gameplay . Les premiers Call of Duty, ou des jeux comme Medal of Honor un peu avant, étaient tout aussi grand public, mais l’histoire, la Seconde Guerre Mondiale, n’était finalement qu’un prétexte, même s’il y avait à l’occasion quelques références historiques tout à fait valables. Un jeu comme Assassin’s Creed 2 (bien meilleur que son grand’frère) ont créé chez de nombreux joueurs un véritable intérêt pour la Renaissance italienne ; c’est d’ailleurs sur son succès qu’ont surfé les séries TV Borgia.

Et il y a une chose particulièrement amusante, c’est que les joueurs sont souvent les premiers à critiquer tel ou tel jeu parce qu’il met en scène une période particulière de l’Histoire… On lit, on entend souvent « C’est l’Histoire pour les nuls », « c’est plein d’erreurs »… Alors que la plupart du temps, eux-mêmes n’arriveraient pas à déceler ces erreurs ! Il y a une sorte de snobisme, en tout cas en France, de ce point de vue là, et c’est toujours amusant à constater… parce que ces critiques sont utilisés contre des jeux hyper-populaires comme Assassin’s Creed, produit par une grande entreprise (et pour beaucoup de joueurs, grande entreprise = pompe à fric = jeux de merde), mais ne l’étaient pas à l’époque où des jeux comme Age of Empires connaissaient la gloire. Mais c’était un succès beaucoup plus confidentiel, puisque alors le jeu vidéo était moins populaire qu’il ne l’est aujourd’hui. Même chose pour un Chivalry Medieval Warfare, jeu moins populaire et pas exempts de défauts…

Histoire de France

  1. Parlons de l’Histoire de France. Il y a très peu de studios français qui font des jeux partant d’une base historique française, alors que des studios américains, suédois, voir japonais n’hésitent pas à utiliser l’histoire française pour faire leurs jeux. Est-ce que cette situation n’est pas regrettable ?

=> Peut-être, mais cela ne veut pas dire pour autant que si ces studios développaient des jeux vidéo, ils seraient plus… pertinents, plus crédibles, d’un point de vue historique. Les développeurs seraient toujours opposés aux mêmes soucis, indissociables de toute production artistique. Les scénaristes, notamment, ont presque toujours besoin de prendre quelques légères libertés… Après il existe sans doute des petits studios qui ont développé des jeux « historiques », mais dans l’immédiat aucun nom me vient à l’esprit. Il faut néanmoins garder en tête qu’Ubisoft est à l’origine un studio français ( UBI signifiant, à l’origine, « Union des Bretons Indépendants), fondés par trois frères, donc l’un en est toujours PDG. Il y a énormément de francophones dans les équipes du studio principal, se trouvant à Montréal. Et je ne pense pas que si le studio était français à 100 %, cela changerait quoi que ce soit pour le développement du jeu, et sa qualité finale. De ce que j’en sais, Ubisoft fait plutôt du bon travail de ce côté-là, notamment en utilisant comme consultants de nombreux professeurs et spécialistes des époques qu’ils traitent dans leurs jeux.

  1. De plus, lorsque ces studios étrangers utilisent l’Histoire de France, il arrive que cela ne soit pas forcément très bien traité (Jeanne d’Arc, The Saboteur, …), avec beaucoup d’incohérences historiques. Comment peut-on l’expliquer, alors qu’il est facile d’accéder à une forte base historique ?? Cela vous gache-t-il votre plaisir de jeu ?

=> Beaucoup ont tendance, en effet, a mettre en scène une version… idéalisée de l’Histoire de notre pays, parfois pour des raisons scénaristiques, voire esthétiques… ou carrément marketing, en fait. C’est une thèse que j’avais développé à un moment. La façon de traiter de telle ou telle époque influe énormément sur le regard porté par les joueurs sur le jeu, le produit qui leur est présenté, et de fait je ne suis pas étonné de voir certains éditeurs arranger un peu les choses de manière à ce que leurs jeux soient suffisamment « sexy » pour le grand public. C’est le grand public qui rapportent le plus d’argent, et beaucoup n’ont pas envie de jouer à un reportage Arté. Ce que beaucoup veulent, c’est un jeu amusant, plus proche du roman de cape et d’épée que de l’ouvrage universitaire.

Et je peux les comprendre !

De fait il est assez amusant de voir comment un éditeur aussi puissant qu’Ubisoft a traité Assassin’s Creed 3 et Assassin’s Creed Unity, notamment dans sa campagne marketing. AC3 traite principalement de la Révolution Américaine ; les campagnes de publicité, notamment celle baptisée « Rise », mettait en avant un peuple brimé, oppressé, torturé par une force étrangère (ici, les Anglais, donc), mettant ainsi l’emphase sur le besoin naturel de liberté et d’indépendance. La campagne parfaite pour séduire le public américain, pour qui la Révolution évoque naturellement la liberté. Et récemment, Assassin’s Creed Unity, traitant lui de « notre » révolution, la Révolution de 1789, a choisi un tout autre chemin. Plutôt que de mettre en avant le besoin de liberté et d’égalité tout aussi légitime du Tiers Etats, les inégalités sociales de l’Ancien Régime, ce genre de choses, l’emphase a été mise sur la guillotine, le peuple en furie exterminant à tour de bras la noblesse… D’ailleurs l’édition collector d’AC3 s’appelait « Freedom Edition », alors que pour Unity, c’est la « Guillotine Edition », ce qui est assez évocateur. Et c’est justement sur cela que l’éditeur a joué : le pouvoir d’évocation. Il est plus aisé de séduire ainsi le public américain, voire celui du monde entier, de cette manière, tant pis pour les Français qui ne seraient pas tout à fait d’accord avec cette vision des choses. Il faut néanmoins noter que l’on parle ici de campagnes de publicité. Une fois à l’intérieur du jeu, les choses sont bien différentes, beaucoup moins manichéennes. Je n’ai pas encore joué à Unity, mais j’ai trouvé AC3 plutôt juste dans sa façon de traiter le sujet ; les développeurs n’ont pas hésité à présenter un George Washingon hésitant, perdant et finalement assez peu charimastique, loin des clichés habituels.

Pour répondre à la question initiale, je dirais donc que « non », si et seulement si cela se justifie dans le jeu.

  1. Il y a assez peu de grandes figures historiques françaises, comme Napoléon, que l’on retrouve dans les jeux vidéos. En tant que journaliste amateur d’histoire, est-ce qu’il n’y a pas certains grands personnages historiques que l’on aimerait voir dans un jeu vidéo ?

=> Bonne question, je ne sais pas vraiment ! En tant que médiéviste, j’aimerais voir Bertrand du Guesclin, Louis IX, Edouard de Woodstock (le fameux « Prince Noir ») dans des jeux vidéo… Mais plus que les personnages, ce sont des époques, des périodes, que j’aimerais voir. Et pas forcément du jeu de stratégie, quelque chose qui implique plus le joueur. La Réforme, en France, serait une période intéressante, tout comme les combats, au cœur du St Empire et en Italie, qui ont opposés Frederic II aux papes Gregoire IX et Innocent IV. Les luttes intestines, le contexte de quasi-guerre civile… C’est très intéressant à mettre en scène, et y participer serait forcément un plus appréciable ! C’est d’ailleurs un peu le parti pris par Ubisoft, qui place chacun de ses jeux (ou presque) dans des moments critiques de ce genre, faisant la part belle aux complots de tout poil.

  1. Dans les années 90, des jeux vidéo-ludiques basés sur l’histoire de France étaient réalisé en collaboration avec des organismes chargé du patrimoine, comme la saga Versailles, poussant jusqu’au photo-réalisme des décors. Aujourd’hui, cela ne se fait plus, malheureusement. Comment peut-on l’expliquer ?

=> Parce qu’à mon humble avis, le genre, proche du point’n’click, n’attire plus, ou moins qu’avant, surtout dans ce style là. C’était très impressionnant à l’époque, et c’est en partie pour cela qu’ils étaient appréciés. Aujourd’hui, c’est très facile à faire… Et il y a une autre explication possible. Dans les années 90 les parents surveillaient sans doute beaucoup plus qu’aujourd’hui les jeux vidéo, et ce à quoi jouaient leurs enfants. Ce n’est pas une critique (même s’il y aurait beaucoup de choses à dire sur le sujet), simplement un constat : le média commençait à se démocratiser mais restait encore assez obscur, aux yeux des parents. Et je pense sincèrement que beaucoup de parents ont préféré tourner leurs enfants, ou leurs ados vers ce genre de jeux. D’autant qu’une production comme Versailles avait bénéficié, en France, d’une promotion importante, du fait de son caractère exceptionnelle.

Je pense qu’aujourd’hui il est tout simplement impossible de recréer le même phénomène.

Jeanne d’Arc

  1. Jeanne d’Arc est une figure majeure de l’Histoire de France, surtout au vu de son passage rapide (moins de trois ans). Quels sont les éléments historiques qui permettent à Jeanne d’Arc d’incarner l’héroïne d’un jeu vidéo ?

=> Le personnage historique de Jeanne est un archétype assez connu des joueurs de jeux vidéo : sortie de sa campagne, elle fait une rencontre, qui est un véritable élément déclencheur, et la voilà partie pour mener une grande mission. Dans le cas de Jeanne, il n’était pas question de sauver l’univers, bien entendu, mais de bouter les Anglais hors de France. Mais comme je le disais, il s’agit là d’un archétype, et on retrouve beaucoup ce modèle de héros dans des jeux japonais. Je pense notamment à la série The Legend of Zelda, dans laquelle le héros, Link (ou quel que soit le nom que le joueur souhaite lui donner), est en général issu de la campagne, il ne connaît pas grand-chose du monde, et c’est via ce voyage initiatique qu’il va se rendre compte qu’il a entre les mains le destin de tout un monde, qu’il va devoir le libérer de l’oppression d’un terrible mage, ou d’un démon. Le petit fermier qui se retrouve finalement dans la position de héros de légende, libérateur et salvateur… On connaît plutôt bien, en France ! On retrouve cette figure dans beaucoup de RPG japonais, à vrai dire. Toujours cette même figure, ce personnage qui ne sait rien du monde et qui va finalement devoir le sauver.

À partir de là, pas étonnant de retrouver Jeanne d’Arc en héroïne de jeux vidéo, sa vie s’y prête parfaitement !

  1. La vie de Jeanne d’Arc comporte des éléments pouvant être adapté en jeux vidéos, sous de nombreuses formes. Comment expliquer le peu de jeux basée sur elle ?

-=> Difficile à dire. Peut-être par peur du message que cela ferait passer. Aujourd’hui, Jeanne d’Arc est utilisée par l’extrême-droite française comme une figure de résistance contre l’invasion… Dans le climat politique, géopolitique, et social actuel, pas sûr que le message passerait très bien. Le jeu fonctionnerait sans doute très bien en France, mais à l’échelle internationale ? Ce serait peut-être bien différent, et il ne faut pas oublier que les gens qui font des jeux vidéo le font aussi pour l’argent, au moins un peu.

  1. Prenons l’exemple du jeu Jeanne d’Arc, édité par le studio japonais Level-5. La trame historique repose sur sa vie, mais est complètement diluée par un apport heroïc-fantasy, faussant du coup la réalité historique. Quand on voit cela, on ne se dit pas que l’apport historique est juste un argument marketing ?

=> Oui et non. Les Japonais ont une véritable fascination pour la France, et pour l’histoire de notre pays. Et comme je le disais plus haut, ils sont très attachés à ce genre de personnages, donc leur attachement à Jeanne d’Arc est assez fort, aussi curieux que cela puisse paraître ! Ils ont forcément une vision fantasmée du personnage, de l’histoire de notre pays. Fut un temps, chez nous les samurais et les ninjas étaient très à la mode, on adorait ça ! Est-ce que, pour autant, nous sommes tous devenus des grands connaisseurs de l’histoire du Japon ? Je ne pense pas. D’ailleurs de manière plus générale aujourd’hui, de nombreux adolescents se passionnent pour le Japon mais ne le connaissent qu’à travers quelques mangas et jeux vidéo… C’est un peu la même chose ici.

  1. Comment expliquer la différence de perception qu’il existe d’elle en fonction de la nationalité des développeurs ?

=> Comme je le disais plus haut. Si nos amis Anglais s’attaquaient au sujet, il est certain que le personnage serait mis en scène autrement ! Ces personnages sont marquants parce qu’ils sont au centre d’événements qui peuvent encore être sources de tension entre certains pays. Il n’en existe aucune, entre le Japon et nous (au contraire même, ils nous adorent!), de fait elle est plutôt bien mise en valeur, même si c’est un peu exagéré.

Éducation et Jeux Vidéos

  1. Peut-on dire que certains jeux vidéos historiques peuvent avoir une valeur pédagogique, où que l’idée d’enseigner par ce biais est illusoire ?

=> Oh je pense sincèrement qu’ils peuvent être une source de connaissance. Dans l’état actuel des choses, j’encouragerais n’importe qui à aller vérifier les faits en ouvrant quelques bouquins, mais c’est aussi vrai pour certains reportages qui paraissent à la télé et qui ne sont jamais remis en question. À mon sens il n’y a pas meilleure façon de faire connaître des époques, des gens, des faits, qu’en les faisant vivre et découvrir aux gens, et par ce biais. Et puis, comme je le disais plus haut, les jeux peuvent aussi pousser les gens à s’intéresser plus en détails à une époque. Mon collègue Lespol, qui a testé Assassin’s Creed 3 pour jeuxvideo.com, aime l’Histoire, mais il ne s’était jamais intéressé à la Révolution Américaine. En jouant à AC3, il a eu envie d’en savoir plus, et par la suite il a lu plusieurs bouquins, et regarder un paquet de docu’ trouvés ici et là sur le web. Donc le jeu vidéo peut servir de déclencheur… C’est une forme de pédagogie, je pense !

  1. Prenons le cas d’un jeu récent : Soldats Inconnus, mémoire de la Grande Guerre. Ubisoft Montpellier a travaillé en collaboration avec les historiens qui ont monté le documentaire Apocalypse, la Première Guerre mondiale. Est-ce que cette démarche en fait un jeu qui peut avoir une vocation pédagogique ?

=> Oui, clairement. Mais là encore, je ne pense pas qu’il soit bon de se limiter à une seule et unique source d’informations, autant les multiplier. Mais si le jeu a au moins une qualité, c’est qu’il dépeint avec beaucoup de justesse l’horreur qu’ont vécu les combattants de la Grande Guerre. Si l’on peut faire comprendre cela aux joueurs, c’est déjà un bon point.

  1. Un autre jeu jeu avait lieu pendant la Première Guerre Mondiale, je pense à Red Baron II. Le jeu était accompagné d’un manuel historique très complet sur le conflit aérien pendant la guerre. En ce moment, le jeu vidéo devient énormément dématérialisé, mais ne faudrait-il pas faire un équivalent de ce genre de manuel intégré au jeu pour intéresser les joueurs à l’Histoire ?

=> Le dématérialisé grimpe, surtout sur PC, mais une bonne partie des joueurs restent attacher au format classique, en « dur ». Pour le cas de Red Baron II et de son manuel… De nombreux jeux embarquent directement des tonnes de notices, de didacticiels, de petites fiches à caractère pédagogique… Assassin’s Creed le fait plutôt bien, par exemple. Du coup, ce genre de manuels existent déjà, reste à voir à quel point cela sera exploiter par les prochains développeurs de jeux « historiques ».

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Gaming Live – Caesar II – PC


Voici le premier Gaming Live d’Histoire et Jeux Vidéos !! Nous parlerons ici de Caesar II, le city-builder édité par Sierra en 1995, et basé sur l’histoire romaine. Un très bon jeu de gestion, assez fidèle à l’Histoire, malgré des défauts mineurs.

Test de Caesar II : https://jeuxvideosethistoire.wordpress.com/2011/07/18/la-quadrilogie-caesar-ou-la-civilisation-romaine-au-service-dun-jeu-de-gestion/

Jeanne d’Arc, où l’histoire de France made in Japan !!


Au Japon, si il y a bien un pays que l’on aime, c’est la France !! Que ce soit la culture, l’architecture, ou l’histoire, les Japonais raffolent de ce qui est français. Il est donc logique de les voir s’intéresser à l’histoire de France, mais à leur façon !! Ainsi, Napoléon a été revisité par le mangaka Tetsuo Hara, qui est le créateur du manga Ken le Survivant, et la Révolution française s’est vue être mise en dessin par la mangaka Riyoko Ikeda sous le nom de  La Rose de Versailles, qui est ensuite devenu le dessin animé Lady Oscar.

Ici, le développeur Level-5, connu entre autre pour ses jeux Professeur Layton a décidé de créer un jeu vidéo sur l’histoire de France et de Jeanne d’Arc, intitulé sobrement Jeanne d’Arc, sorti en 2006 au Japon et en 2007 en France.

Dans ce tactical-RPG, sorti en 2007 au Japon, la Guerre de Cent Ans et histoire de Jeanne d’Arc ne sert que de trame de fond au jeu.

Le jeu mêle réalité et heroïc-fantasy, et ce, sur plusieurs points.

Commençons par l’histoire. En effet, si l’on suit les aventures de Jeanne, le contexte est légèrement . . . différent. Si la Guerre de Cent Ans a lieu, c’est parce qu’une entité maléfique a pris possession du corps du jeune roi anglais Henri VI, aidé par l’oncle de ce dernier, le Duc de Bedford. Dès lors, les armées anglaises envahissent la France, brulant le village de l’héroïne, Domrémy. Jeanne décide donc de se venger en chassant les Anglais hors de France. Une version de l’histoire teintée d’heroïc fantasy donc !!

L’héroïne, Jeanne, aura donc pour mission pendant une grande partie du jeu de bouter les Anglais hors de France. Le joueur fera donc le siège d’Orléans, participera au sacre de Charles VII à Reims, ainsi que l’attaque ratée sur Paris, mais  se retrouvera également a visiter la ville des Nains et celle des Elfes, des temples perdus, et autre lieux étranges. C’est pourquoi la worldmap est dotée de lieu réels ( Clairoix, Orléans, Chinon) et de lieux imaginaires. Autre erreur, cette fois-ci géographique : certains lieux réels sont mal placées (Rouen se retrouve au Nord de Paris) et des lieux fictifs également (la Tour d’Alsace se trouve . . . au Sud-Ouest de la capitale !!).

Les compagnons de Jeanne sont également un mélange de personnages réel et de personnages inventés. L’héroïne est entourée de Gilles de Rais, d’Etienne de Vignolles (dit « La Hire ») mais aussi de personnages fictifs avec des noms à consonances bien françaises tels que Jean, Marcel, Roger, ou Robert.

Mais les personnages réels bénéficient d’un traitement très « japonais » !!

Ainsi, Gille de Rais devient un noble au character design très Occidental, alors que La Hire devient carrément un homme-lion !!

Et c’est là que vient le gros du problème : en mêlant histoire et heroïc fantasy, on se retrouve avec des personnages qui ne collent pas du tout avec le Moyen Age. Ainsi, si les troupes anglaises comportent soldats, lanciers, et archers, il y a aussi des sorciers, des prêtres, mais également des Orcs, des Géants, des Elfes Noirs, des Dragons, . . .

Voici le genre d’ennemi que l’on peut rencontrer

De même, Jeanne a pour compagnons une Elfe, un Homme-Panthère, et même une grenouille sachant manier l’épée !! . . . Bref, on retrouve tout le bestiaire de l’heroïc fantasy classique. De plus, les héros et Jeanne possèdent des bracelets magique, leurs permettant de se transformer en super-soldats, avec des armures très kitsh (rose, noire, bleu turquoise),  se qui accentue le coté japonais du soft. Et bien sur, il ne faut pas oublier la possibilité d’utiliser la magie, et autres coups spéciaux, propre à tout tactical-RPG.

Attention, spoiler !!

Enfin, l’histoire en elle-même s’éloigne au fur et à mesure de l’histoire réelle. En effet, au début, Jeanne attaque Orléans, est blessée, puis participe au sacre de Charle VII à Reims. Mais à la suite d’une bataille, elle tombe dans un ravin, et l’une de ses compagnons, Liane, prend sa place. C’est elle qui sera capturée, puis brulée à Rouen. Jeanne réapparait ensuite, et combattra non plus les Anglais, mes les forces du mal, représenté par Henri VI et ses démons. Le combat final aura lieu dans la dimension infernal contre cet entité.

 

Tout cela fait de Jeanne d’Arc un jeu très particulier. L’histoire de la Guerre de Cent Ans et de Jeanne d’Arc ne sont qu’un prétexte, le studio Level-5 prenant énormément de liberté historique. Au fur et à mesure du jeu, on s’éloigne du contexte historique, puisqu’à partir de la moitié du jeu, il n’est plus question d’une guerre franco-anglaise, mais plutôt d’une guerre entre le Bien et le Mal. On peut regretter que le studio japonais n’est pas cherché à approfondir le coté historique, car plusieurs détails montrent qu’il maitrisaient bien le sujet (le fait que Jeanne fut capable de reconnaître Charles VII, vêtu simplement au milieu de ses courtisans, . . .). Le coté heroïc fantasy prend de plus en plus de place au détriment de la vérité historique, et le jeu perd de son identité, car même si l’héroïne est toujours Jeanne, le contexte est totalement différent. Au final, Jeanne d’Arc est très bon Tactical-RPG, qui respecte parfaitement les codes du genre, mais il aurait pu s’appeler autrement, tant la réalité historique est peu respectée.

 

 

la saga Dynasty Warriors, ou l’histoire des Trois Royaumes version light


Si l’histoire européenne est l’axe d’enseignement de l’histoire de nos jours, l’histoire asiatique, et en particulier celle de la Chine, est souvent laissée de coté. Et pourtant, celle-ci se révèle d’une richesse exceptionnelle, avec des dynasties qui se créent, qui se développent, et qui disparaissent régulièrement tout au cours de son histoire.

Une période de cette histoire de Chine est d’ailleurs décrite dans un roman historique chinois célèbre, l’Histoire des Trois Royaumes. Cet ouvrage (qui date du XIVe siècle, d’après une autre œuvre datée du IIIe siècle) retrace les évènements survenus entre 220 et 265 ap J.C, et la lutte de pouvoir entre les royaumes de Wei, de Shu, et de Wu pour devenir la puissance dominante en Chine.

C’est en se basant sur cette période riche en péripéties, intrigues et batailles que l’éditeur japonais Koei créa en 1997 l’une des franchises les plus connues au monde, la saga Dynasty Warriors.

Images de différents épisodes de Dynasty Warriors

En effet, cette saga, qui compte déjà 15 ans et 7 épisodes (sans compter les spins-off, ou cross-over, car sinon, on atteint le nombre de 26 jeux !!) a gardé le même schéma sur tout ces épisodes, le classique beat them all, c’est-à-dire d’un jeu où le joueur doit éliminer tous les adversaires qu’il croisera sur sa route. Basique, mais efficace !!

Dans le cas de Dynasty Warrior, toutes ces batailles ont donc pour contexte la période des Trois Royaumes. Mais peut-on allier jeu défouloir et réalité historique ??

Tout au long de la saga, Koei va faire en sorte que l’histoire évolue au rythme de la réalité historique, puisque le premier épisode débute en même temps que le roman, et que le dernier épisode se base sur les évènements qui amène à la réunification des Trois Royaumes. On peut noter donc la volonté de l’éditeur de suivre la trame historique, en changeant de période à chaque nouveau volet.

Il faut également noté que chaque niveau dans lequel le joueur évolue est la reconstitution d’une bataille de l’époque, tel que la bataille de la Falaise rouge (208 ap J.C) qui marquera les esprits par le nombre de soldats impliqués (env 600.000 pour les deux camps). Seulement, si le contexte historique de la bataille est en général le bon, voir un seul soldat, en l’occurrence le joueur, renverser les cours des choses à lui tout seul rend caduc toutes notions de réalité historique.

Il en va de même avec les personnages que le joueur peut incarner. En effet, ils s’agit à chaque fois de personnages historiques, tels que le célèbre stratège Cuo Cuo, le général Lü Bu, ou encore le général Zhao Yun, qui sont tous de grandes figures historiques de l’histoire des Trois Royaumes. Il faut dire qu’il y a beaucoup de personnages dans ces jeux : pas moins de 60 sont disponibles dans la dernière version !! Mais là aussi, la réalité historique est mis à mal. Tout d’abord, les personnages ne ressemblent pas vraiment aux originaux : les tenues portés sont stylisées au possible, rendant la base historique surchargée par des détails visuels à pur vocation esthétique. Les visages ont un coté manga assez prononcé.  Enfin, les personnages féminins sont jouables sur les champs de bataille alors qu’à l’époque, il était impossible à une femme de prendre les armes !!

De plus, la mort de certains protagonistes de jeu ne collent pas à la réalité. Ainsi, alors que certains sont morts de vieillesse ou en étant exécuté, on les vois mourir avant ou après la date réelle, et toujours de façon héroïque !! Si le coté dramatique est du coup boosté, la réalité historique en prend de nouveau un coup . . .

Au final, la saga Dynasty Warrior est le modèle d’une certaines catégories de jeux vidéos se servant d’éléments historique : la trame historique sert juste de fil directeur, les développeurs se permettant une grande liberté sur la réalité historique, afin de pouvoir scénariser au maximum leur jeux. Du coup, l’histoire des Trois Royaumes, si elle reste la pierre angulaire de la saga, se voit être ré-écrite par Koei selon les besoins pour les différentes versions.

On ne peut donc pas parler ici de réalité historique, ni même de fiction historique, mais plutôt d’ histoire « pop-corn« , c’est-à-dire que l’on garde se qui fait le spectacle (les batailles), on garde les personnages charismatiques, et on vire un peu tout le reste !! Heureusement, Koei intègre une vaste encyclopédie sur l’histoire des Trois Royaumes dans ses jeux, comme pour se faire pardonner de l’avoir tellement modifiée.

Vous l’aurez compris, si vous cherchez à connaitre cette période historique, jetez vous sur le roman lHistoire des Trois Royaumes, mais ne comptez sur Dynasty Warrior que pour vous défouler un coup !!

Caesar II, ou la civilisation romaine au service d’un jeu de gestion


 Avé Caesar, ceux qui vont jouer te salue !! En effet, nous allons vous parler de l’un des meilleurs jeux de gestion des années 1990-2000, à savoir Caesar II. Entre gestion de votre cité et de votre province, les attaques des barbares et l’humeur de l’Empereur, vous aurez du travail dans ce jeu assez fidèle historiquement, où chaque bâtiment recèle des faits historiques quand à leurs fonctions et leurs utilisations.

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Le jeu vidéo Caesar II, sorti en 1995 par l’éditeur Sierra sur PC, fait parti des jeux de gestion et de stratégie, où le but est de construire et de faire prospérer des villes, en les dotant de tous les éléments dont ont besoin des citoyens, le jeu le plus connu de ce type étant Sim City. Là où ce jeu ce démarque des autres, c’est qu’il se base sur l’histoire romaine antique, intégrant ainsi une dimension historique, qui si elle ne révolutionne pas le gameplay, le modifie de façon subtile. Ainsi, le but est bien évidemment le même que dans les autres jeux du même type, mais les contraintes de l’époque régissent certains éléments : en effet, en plus de devoir gérer sa cité, le joueur doit également défendre sa province contre les barbares, tout en restant à l’écoute de l’empereur, qui vous sollicitera de différentes façons.

Le jeu est donc régi par les codes du genre. La construction des infrastructures permettant à sa population de se développer est primordiale. Ainsi, la mise en place de puits et d’aqueducs sont nécessaires pour pourvoir en eau toute la population des villes. De même, la création de fermes, d’entrepôt et de marchés sont indispensables pour nourrir sa population.

Omnibus viis Romam pervenitur

Et c’est là ou Sierra joue à fond la carte du réalisme historique. En effet, la plupart des constructions disponibles respectent les codes de l’architecture romaine de l’époque, basée sur la symétrie et les formes géométriques. De plus, le rôle des différents bâtiments constructibles collent au plus près à la réalité. Par exemple, afin de divertir à sa population, il est possible de construire des théâtres, des cirques, des arènes . . . La religion est également présente, et il est également parfois nécessaire de faire de « petits cadeaux » à César afin de bénéficier de sa gratitude !!

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Exemple de cités

Bref, de multiples détails, réalistes et historiques, permettent de s’immerger complètement dans sa cité romaine, ainsi que dans sa province, lorsque des attaques de « barbares » ont lieu, mettant ainsi votre armée à rude épreuve, lors de face-à-face où les stratégies militaires et les tactiques de l’époque sont à utiliser, comme la fameuse « tortue » par exemple. A noter que certaines guerres historiques sont présentes, et vous pourrez ainsi croiser par exemple Hannibal et ses éléphants !!

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Bataille rangée entre votre armée et des envahisseurs

Mais, me direz-vous, tout cela résulte des mécaniques de jeu, et n’a que peu de rapport avec l’Histoire en tant que telle. eh bien détrompez-vous !! En effet, dans le panneau situé à droite de l’écran, se situe une case qui permet d’obtenir des renseignements historiques sur chaque bâtiment en cliquant sur ce dernier. Cela permet, en plus de s’instruire en jouant, de constater le travail effectué par le studio de développement pour respecter le plus possible la réalité historique.

Tous ces éléments montrent bien que le travail de recherches historiques fourni par les concepteurs du jeu est dès plus conséquent, permettant ainsi à Caesar II  d’être le plus fidèle possible à la réalité historique tant sur le plan architectural que fonctionnel des bâtiments, mais également sur le plan militaire.

Quelques petits défauts

Malgré tout ce travail de recherches historiques, ce jeu n’est pas exempt de quelques défauts historiques. Ainsi, les renseignements historiques des bâtiments sont inégaux, variant du simple au double, et s’apparentent plus à une page Wikipedia qu’à des éléments de cours d’histoire. Cela est encore plus flagrant en Province, ou des bâtiments tels que les comptoirs commerciaux ont été tout simplement oublié !!

De même, en mode campagne, le joueur évolue en grade au fur et à mesure qu’il réussit les missions qui lui sont attribué, et se voit confier la gestion de provinces de plus en plus importantes, devenant ainsi questeur, édile, puis consul, proconsul, et enfin . . . Empereur !! Hors, il était impossible de suivre ce chemin pour devenir Empereur, puisque le titre était héréditaire, à l’instar des rois de France. De même, la période couverte par le jeu correspond à l’ensemble de l’histoire romaine, puisque l’on commence au tout début par coloniser Capoue ou Syracuse, des régions italiennes conquises au IIIe siècle av J.C, pour finalement voir l’Empire romain s’étendre en passant par l’Hispanie ( IIe siècle av J.C), la Gaule ( Ier siècle av J.C) et l’Angleterre (1er siècle ap J.C), soit près de quatre siècles pour un seul personnage, chose bien sûr impossible !!

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La carte de l’Empire Romain et de ses provinces

De plus, si vous avez la possibilité de construire des temples, ces derniers sont génériques, s’adressant aux Dieux romains dans leur ensemble, et non à un Dieu en particulier, comme c’était le cas à l’époque, avec notamment des sanctuaires dédiés à Jupiter, Mars, ou encore Junon.

Il s’agit là de défauts mineurs, qui ne gâchent en rien tout le travail effectué par Sierra, mais qui montre que le studio pouvait faire encore mieux en approfondissant et en développant un peu plus leurs recherches, pour coller d’avantage à la réalité historique.

Bilan

Note : 7/10

Note : 7/10

Les Plus                                                                                       Les Moins

+ ambiance réussie                                                               –  quelques petites erreurs historiques

+ renseignements historiques disponibles . . .              –  . . . mais de façon inégale, et peu développés

Alors bien sûr, même si Caesar II repose sur une base historique solide, y jouer ne veut pas dire prendre un cours accéléré d’histoire romaine. Cela dit, il permet tout de même de pouvoir découvrir la fonction des différents ouvrages et constructions de l’époque grâce aux descriptions faites dans les outils du jeu. Ses quelques erreurs historiques ne sont pas rédhibitoires, et ne gâche pas le bon travail de Sierra. Et comme ce jeu est un « abandonware », c’est-à-dire un jeu abandonné par son éditeur et donc gratuit, je ne peux que vous conseiller de l’essayer afin de vous faire votre propre avis !!

 

Gaming Live de Caesar II : https://jeuxvideosethistoire.wordpress.com/2014/05/12/gaming-live-caesar-ii-pc/